Les ministres français publient leur déclaration d'intérêts

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PARIS (Reuters) - Les ministres ont publié jeudi une "déclaration d'intérêts", comme le gouvernement s'y était engagé à la suite d'une série de...

PARIS (Reuters) - Les ministres ont publié jeudi une "déclaration d'intérêts", comme le gouvernement s'y était engagé à la suite d'une série de scandales au printemps 2010 et de l'affaire Woerth-Bettencourt.

Cette déclaration a minima ne porte pas sur leur patrimoine mais sur les biens en leur possession "dont la valeur, pouvant varier à court terme, est susceptible d'être directement influencée par des décisions du gouvernement".

Ainsi, les ministres n'ont pas à mentionner sur le portail internet du gouvernement leurs propriétés immobilières ni d'éventuelles parts de société ou actions, sauf "si elles se rapportent à un secteur d'activité particulier, précisément défini".

Ces documents montrent que le Premier ministre François Fillon détient des actions EDF, la ministre des Sports Chantal Jouanno des titres Pernod-Ricard et que le ministre de l'Education Luc Chatel place ses économies au Crédit Agricole.

Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée de la Santé, déclare un emploi passé chez Sanofi-Pasteur, une situation qui était déjà connue.

Les situations qui pourraient favoriser un conflit d'intérêt sont rares. Mais l'hebdomadaire L'Express en relève deux.

L'une porte sur les investissements de la ministre de l'Economie Christine Lagarde qui détient des parts dans Applicatour, un éditeur de logiciel pour les agences de voyages, pour un montant non précisé.

Cet investissement a été réalisé dans le cadre du dispositif ISF-PME, qui permet à la ministre de minorer l'Impôt sur la fortune (ISF) grâce à un dispositif fiscal qu'elle même a défendu au Parlement en 2007 dans le cadre de la loi TEPA, souligne L'Express.

L'autre cas concerne Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui déclare des participations financières dans 14 sociétés.

Selon l'hebdomadaire, elle mentionne - sans qu'elle en soit contrainte - la présidence du conseil de surveillance de Bolloré Télécom, exercée par son père. Une société intéressée par la quatrième licence mobile mais finalement délivrée au concurrent Free.

Gérard Bon, édité par Guy Kerivel

REUTERS