Drame à Nantes : une famille ordinaire ?

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Ce vendredi matin, la voiture de Xavier-Dupont de Ligonnès a été retrouvée sur le parking de l'hôtel Formule 1 de Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, où le couple a vécu autrefois. Cet homme de 50 ans est soupçonné d'avoir tué sa femme et ses 4 enfants à Nantes. Leurs corps ont été exhumés d'une fosse creusée sous la terrasse de leur maison, ainsi que les cadavres des deux chiens de la famille. D'après les premiers éléments de l'enquête, ils ont été tués par arme à feu. Des autopsies doivent être pratiquées aujourd'hui vendredi pour identifier définitivement ces victimes.

Le père est donc activement recherché. Une trace de carte bancaire a déjà été localisée à Roquebrune-sur-Argens. D'après les enquêteurs, l’homme avait des problèmes d'argent, avec son entreprise, des huissiers étaient mandatés pour lui réclamer 20.000 euros.
Et selon des proches, le couple était peut-être séparé. Le père était en tout cas, souvent absent de la maison.

Des voisins assurent avoir vu le père charger son coffre avec des gros sacs et des cabas il y a une quinzaine de jours. Gaëlle, dont le jardin est derrière celui de la famille Dupont de Ligonnès, a perçu des signes « inhabituels dans ce quartier calme », en pleine nuit, il y a 3 semaines : « Vers minuit, on a entendu les chiens gueuler pendant une bonne heure ». Et après le 4 avril, elle est certaine d’avoir vu le père : « je l’ai revu il y a 15 jours : il sortait de chez lui, il portait des sacs qu’il mettait dans sa voiture garée en face ».

Toute la journée hier jeudi, voisins, amis, lycéens et étudiants sont venus sur place. Tous choqués par cet épilogue tragique d'une disparition inquiétante, qui a brutalement basculé sur une "qualification criminelle de séquestration et d'assassinat", a précisé le procureur, Xavier Ronsin. Les enquêteurs penchent pour la thèse d'un acte prémédité. Depuis le début du mois, plus aucune nouvelle de cette famille qui habitait depuis une dizaine d’années dans le quartier. Le père gérait une petite société à Pornic. La mère, surveillante dans un établissement scolaire, enseignait le catéchisme. Leurs enfants avaient entre 13 et 21 ans : Thomas (21 ans), Arthur (18), Anne (16) et Benoit (13).

Le directeur de l'établissement privé (Lycée La Perverie) fréquenté par les plus jeunes enfants a reçu une lettre évoquant une "mutation professionnelle urgente en Australie" et un chèque pour solde de tout compte de la scolarité des enfants. Et élèves et professeurs croyaient qu’Anne, la fille de la famille, absente depuis début août, était malade. Marie, qui la connaissait bien, explique que les plus proches amies de la jeune fille avaient reçu une lettre des parents : « Une lettre disant qu’il fallait qu’on l’oublie, qu’on ne cherche pas à la revoir, ni à l’appeler. Elle annonçait sur Facebook qu’elle était malade, privée de sorties, de portable et d’ordinateur. C’était pas dans ses habitudes, alors on lui a demandé "Anne, qu’est-ce qui t’arrive ? Vous êtes tous malades chez vous ? Qu’est-ce qui se passe ?"… »

A certains proches, le père a expliqué qu'il était « agent secret et qu'il partait dans le cadre d'un programme de protection des témoins ». Un homme « spécial », raconte Benjamin, qui connaissait la famille et était en classe de Première, dans le même lycée qu’Anne : « Mes parents avaient des liens avec sa mère. On avait quelques imprécisions sur son père ; on sait qu’ils étaient séparés, que lui avait des rapports avec les Etats-Unis, enfin je sais pas, il partait souvent en voyage… il est assez spécial. »

La Rédaction, avec Yannick Olland