La campagne de Hollande se "ségolènise"-t-elle ?

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Les Coulisses de la Politique, de Christophe Jakubyszyn, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC.

Les Coulisses de la Politique, de Christophe Jakubyszyn, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC.

Ségolène Royal pourrait donner des conseils à François Hollande. Oui en effet, je crains qu’il n’ait encore besoin de conseils. Car il y a clairement aujourd’hui un problème d’autorité de François Hollande. Même si, contrairement à Ségolène Royal, ce n’est pas tant les éléphants le problème de Hollande, mais plutôt les éléphanteaux.
A commencer par Benoit Hamon, porte-parole du PS, et représentant de son aile gauche. Il a carrément pris la plume mardi, avec Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann, pour se dire « surpris » de l’évolution de la promesse de François Hollande sur les 60 000 créations de postes dans la fonction publique. Les précisions ont été apportées par Jérôme Cahuzac, président de la commission des Finances de l'Assemblée Nationale, et peut-être futur ministre des Finances de François Hollande, qui parle de redéploiement : « Il n'y aura pas de postes supplémentaires créés dans la fonction publique d'Etat, pour une raison assez simple, c'est que la France n'en a tout simplement pas les moyens ».
Benoit Hamon ne veut pas de "redéploiements", sinon, explique-t-il, cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l'emploi. "Cela n'aurait aucun sens".

C’est vrai, il a fait mercredi matin "une sévère mise au point" à son équipe de campagne. "On a tout pour gagner. Si on ne gagne pas, on ne le devra qu'à nous-mêmes, vous n'êtes pas obligés de vous commenter les uns et les autres et de m'obliger à corriger les uns et les autres". Enfin, ça, c’est la version Hollande chef de guerre. Parce qu’ils n’ont pas tous entendu exactement cela. Y compris Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande qui nous dit : "J'ai plutôt entendu une exhortation à être unis, à nous rassembler, à mobiliser toutes nos forces". C’était une "tonalité positive". Donc c’était un rappel à l’ordre « positif ». Une engueulade douce. Un rappel à l’ordre gentil. Dur d’être un chef !

C’est vrai. On a l’impression que les ténors du PS veulent cette fois tous gagner. Et qu’ils se sont fait à l’idée qu’Hollande était leur champion. Comme Martine Aubry, la patronne du PS, qui fait le job comme on dit en rappelant à l’ordre hier ceux qui jouent perso. Que voulez-vous c’est plus fort qu’elle. Quand on lui demande explicitement de critiquer Benoit Hamon, son porte-parole, elle a quand même un peu de mal. Je crois qu’à 8h30 on va quand même faire appel à Coach Royal !

Ecoutez ci-dessous la chronique de Christophe Jakubyszyn, "Les coulisses de la politique" de ce jeudi 19 janvier à 7h20 :

Christophe Jakubyszyn