Kofi Annan appelle l'Onu à tout faire pour une trêve en Syrie

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Immeubles détruits à Al Kassir, près de Homs. Tous les efforts doivent être mis en oeuvre pour s'assurer que le gouvernement syrien et l'opposition respectent la date butoir de jeudi fixée pour l'arrêt des violences qui ont fait des milliers de morts en S

Immeubles détruits à Al Kassir, près de Homs. Tous les efforts doivent être mis en oeuvre pour s'assurer que le gouvernement syrien et l'opposition respectent la date butoir de jeudi fixée pour l'arrêt des violences qui ont fait des milliers de morts en S

NATIONS UNIES (Reuters) - Tous les efforts doivent être mis en oeuvre pour s'assurer que le gouvernement syrien et l'opposition respectent la date butoir de jeudi fixée pour l'arrêt des violences qui ont fait des milliers de morts en Syrie depuis un an, estime Kofi Annan dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l'Onu, mardi.

"Je suis très inquiet par la tournure que prennent les évènements", écrit l'émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe en Syrie dans une lettre dont Reuters s'est procuré une copie.

"Le gouvernement syrien aurait dû envoyer un signal politique fort en faveur de la paix avant le 10 avril, en agissant sur les six points du plan (de paix). (...) Mais ça ne s'est pas produit", écrit-il.

Le plan de l'ancien secrétaire général de l'Onu prévoyait également que les rebelles avaient jusqu'à jeudi 06h00 (03h00 GMT) pour cesser le feu.

"Tous les efforts doivent être mis en oeuvre pour parvenir à un arrêt de la violence sous toutes ses formes le 12 avril à 06h00", juge Annan. "Il n'y a plus de temps à perdre".

En privé, des diplomates occidentaux estiment que Damas a gagné deux jours en ne respectant pas la première date butoir contenue dans le plan de paix.

"Il est un peu trop tôt" pour considérer les efforts entrepris comme un échec, a néanmoins affirmé Kofi Annan, ajoutant qu'Assad devrait "effectuer un revirement radical de direction".

"Le plan tient toujours", a-t-il déclaré par ailleurs lors d'une conférence de presse en Turquie, après s'être rendu dans un camp de réfugiés syriens et avant de s'envoler pour Téhéran, fidèle allié de Damas.

"Le pouvoir syrien doit maintenant saisir l'occasion d'opérer un changement fondamental (...) Il est essentiel que les prochaines 48 heures apportent des signes visibles d'un changement immédiat et incontestable dans la position militaire des forces gouvernementales dans tout le pays", poursuit l'ancien secrétaire général des Nations unies.

Annan estime également que l'opposition doit mettre un terme aux combats "afin de ne pas fournir d'excuse au gouvernement pour renier ses engagements".

INFORMATIONS CONTRADICTOIRES

Susan Rice, l'ambassadrice américaine aux Nations unies, a déclaré pour sa part que le Conseil de sécurité pourrait être bientôt confronté à "un moment de vérité" en Syrie et pourrait avoir à accentuer sa pression sur Assad.

Les membres du Conseil de sécurité de l'Onu ont exprimé leur profonde inquiétude envers le degré d'engagement dont a fait preuve jusqu'ici le gouvernement syrien au sujet du cessez-le-feu, a ajouté Susan Rice.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a parlé de "discussions intensives" à New York et dans les capitales impliquées. "J'évoquerai particulièrement le sujet avec le ministre (russe) des Affaires étrangères (Sergueï) Lavrov et le Conseil entendra directement Kofi Anna jeudi", a-t-elle déclaré. Cette rencontre doit avoir lieu mercredi à New York.

Kofi Annan a également fait état d'informations selon lesquelles l'armée syrienne commençait à se retirer de certaines zones mais se déployait dans d'autres qui n'étaient pas sa cible de départ. Il a appelé les deux camps à ne pas poser de nouvelles conditions préalables pour un cessez-le-feu.

"J'avais espéré que nous serions aujourd'hui bien plus avancés dans le respect des engagements pris par le gouvernement syrien, et que tous les camps commenceraient à prendre des mesures pour en finir avec la violence", a-t-il dit, réitérant la date du 12 avril comme fin définitive des combats. "Nous avons encore du temps, entre aujourd'hui et jeudi, pour arrêter les violences".

Damas avait donné son accord pour retirer ses troupes des villes et cesser les violences avant la date butoir du Conseil de sécurité le 10 avril, préalable à un cessez-le-feu intégral de l'armée et des rebelles, jeudi matin. Mais les troupes syriennes ont tué 31 personnes mardi.

Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid al Moualem a par ailleurs demandé mardi soir à Kofi Annan la garantie que les rebelles honoreraient également leurs engagements. Il a déclaré que certaines troupes s'étaient retirées de leurs positions tout en posant comme condition à un cessez-le-feu intégral l'arrivée d'observateurs étrangers, ce qui semble être une nouvelle condition.

"La fin des violences doit coïncider avec l'arrivée d'observateurs internationaux", a-t-il déclaré, ajoutant que la Syrie souhaitait avoir son mot à dire dans la composition de cette équipe.

Louis Charbonneau; Pierre Sérisier et Hélène Duvigneau pour le service français

REUTERS