Nicolas Sarkozy défend le droit de parler aux électeurs du FN

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Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois défendu vendredi sa stratégie de s'adresser aux électeurs du Front national, estimant qu'elle avait permis d'éviter que le premier tour de l'élection présidentielle de 2002 se reproduise. Invité de RTL, le président candidat s'est défendu d'avoir déclaré que la présidente du Front national, Marine Le Pen, était compatible avec la République, indiquant qu'il avait seulement évoqué sa candidature.
"La République considère que Marine Le Pen est une candidate qui a le droit de se présenter (...) Il y a un distinguo entre sa candidature et ce qu'elle dit, je peux dire que sa candidature n'est pas choquante par rapport à l'histoire de la République sans être d'accord avec tout ce qu'elle dit", a-t-il déclaré.
Evoquant les près de 6,5 millions d'électeurs de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle, dimanche, Nicolas Sarkozy a estimé qu'il était "normal qu'on leur parle" et indiqué qu'il n'avait "jamais frayé" avec les dirigeants du parti d'extrême droite.

A la question de savoir s'il ne risquait pas d'effrayer des électeurs centristes et modérés en évoquant des thèmes sensibles comme l'immigration, il a répondu: "Quand on parle à 40 millions d'électeurs, à 65 millions de Français, il y a toujours un risque, mais le pire risque c'est de ne pas leur parler." "Je conteste l'idée qu'entre les uns et les autres, il y aurait une barrière infranchissable", a-t-il ajouté. Le président sortant estime encore être parvenu, depuis le début de sa campagne, à "détacher autant de gens du Front national que des centristes sans qu'il y ait la moindre contradiction".
Interrogé sur les réserves émanant de son propre camp sur les risques d'une trop forte droitisation de sa campagne, il a invoqué les scores du premier tour de la présidentielle 2002, où l'extrême droite a fait jeu égal avec le candidat de droite Jacques Chirac. "Les chiffres sont violents: au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, Le Pen plus (Bruno) Mégret, ça fait 19, Jacques Chirac 19. En 2012, Mme Le Pen fait 18, je fais 27. Y a-t-il une erreur de stratégie?"

La rédaction avec Reuters