François Chérèque dénonce un discours qu'il dit insupportable

44 opinions
- +
François Chérèque

François Chérèque

À la veille du rassemblement prévu par Nicolas Sarkozy le 1er-Mai, François Chérèque a estimé lundi que le discours du président de la République sur le travail était devenu "insupportable" et que la confiance entre l'Elysée et les syndicats serait difficile à restaurer s'il était réélu.
Nicolas Sarkozy organise mardi un grand rassemblement place du Trocadéro à Paris. Après avoir parlé dans un premier temps de fête du "vrai travail" - une expression qui lui a valu la foudre des syndicats de salariés et de la gauche -, il a par la suite opté pour l'expression "vraie fête du travail". "Ce type de discours, qui pousse à la division, est devenu insupportable", dit François Chérèque dans un entretien à Libération. "Je n'ai pas souvenir d'une telle agressivité vis-à-vis des organisations syndicales, fondée qui plus est sur de faux constats. La confiance sera donc difficile à restaurer", ajoute-t-il.

Dans cette interview, le secrétaire général de la CFDT dit également s'inquiéter pour la démocratie française. "Chaque fois qu'il y a eu dans l'histoire une mainmise du politique sur cette fête (ndlr, du 1er-Mai), c'était dans un contexte de dérive antidémocratique", dit-il. "Le fait qu'un des deux finalistes à la présidentielle entre dans cette logique est donc une grande source d'inquiétude, pour la CFDT, sur l'évolution de notre démocratie." François Chérèque ne donne toutefois pas de consigne de vote, contrairement à la CGT qui a appelé à "battre Nicolas Sarkozy". D'après lui, "se retrouver, après le scrutin, face à un élu que l'on aurait appelé à sanctionner dans les urnes, c'est mettre le syndicalisme dans une situation difficile".
Le Premier ministre François Fillon a dit "regretter" lundi les propos de François Chérèque, mais aussi les attaques dont font l'objet les organisations syndicales. "Je trouve que François Chérèque devrait se tenir à l'écart de ce débat", a-t-il dit sur RTL. "Nous de notre côté, nous devrions éviter toutes les remarques désagréables à propos des syndicats", a-t-il ajouté.

Une remarque du Premier ministre qui a aussitôt fait réagir : sur RMC, Pierre Moscovici (PS), directeur de campagne de François Hollande, a affirmé ce lundi qu'il "sentait", à droite, se péparer "l'après-Sarkozy", à la suite notamment d'une "divergence" entre le président-candidat et son Premier ministre sur les syndicats : "On sent bien qu'à droite, il y a quelque chose qui est en train de se préparer, c'est l'après-Sarkozy". Il a cité "Jean-Pierre Raffarin qui explique 'ah... je ne peux pas vous dire, mais qu'est-ce que j'en pense au fond'", et "d'autres qui ont le courage de dire carrément. On voit le Premier ministre qui se distancie".

La Rédaction, avec Reuters.