Julian Assange demande l'asile politique à l'Equateur

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Julian Assange s'est réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres. Le fondateur de WikiLeaks a demandé l'asile politique, requête en cours d'examen à Quito, a déclaré le ministère équatorien des Affaires étrangères. /Photo prise le 2 février 2012/REUTERS/Lu

Julian Assange s'est réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres. Le fondateur de WikiLeaks a demandé l'asile politique, requête en cours d'examen à Quito, a déclaré le ministère équatorien des Affaires étrangères. /Photo prise le 2 février 2012/REUTERS/Lu

QUITO (Reuters) - Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange s'est réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres et a demandé l'asile politique à ce pays, une requête actuellement examinée par les responsables de Quito, a déclaré mardi le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patino.

"L'Equateur étudie et analyse la demande", a déclaré Ricardo Patino, ajoutant que la décision serait prise "dans le respect des normes et principes du droit international".

Julian Assange restera dans les locaux de l'ambassade équatorienne, dans le quartier huppé de Knightsbridge, au centre de Londres, jusqu'à ce que les autorités équatoriennes prennent leur décision.

"Pendant que nos services examinent la demande de M. Assange, M. Assange restera dans l'ambassade, sous la protection du gouvernement équatorien", a annoncé l'ambassade sur son site internet.

Arrêté en décembre, Assange a été placé en liberté conditionnelle peu après et vit depuis en résidence surveillée, dans des conditions très strictes, dans un manoir situé au nord-est de Londres.

"La décision d'examiner la demande d'asile de M. Assange ne doit en aucun cas être interprétée comme une interférence du gouvernement équatorien dans le processus judiciaire en cours au Royaume-Uni et en Suède", a ajouté l'ambassade de l'Equateur sur son site.

Quito avait déjà invité en 2010 Julian Assange à demander la résidence permanente mais était revenu sur cette idée, l'accusant d'avoir enfreint la législation américaine.

Ce dernier développement pourrait raviver les tensions entre le président socialiste Rafael Correa, très critique envers Washington, et les autorités américaines.

Cette annonce intervient par ailleurs alors que plus rien ne fait obstacle à l'extradition de l'Australien vers la Suède, où il est recherché pour violences sexuelles -qu'il dément- après le rejet de son dernier appel par la Cour suprême britannique la semaine dernière.

WikiLeaks a diffusé fin 2010 des dizaines de milliers de notes diplomatiques du département d'Etat américain. Ses avocats redoutent que leur client, une fois extradé en Suède, ne soit transféré ensuite vers les Etats-Unis où il serait passible de la peine de mort pour divulgation de secrets d'Etat.

Alexandra Valencia, Hélène Duvigneau pour le service français

REUTERS