Le "coup de pouce" au Smic serait limité à 2%

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HAUSSE DU SMIC

HAUSSE DU SMIC

Le "coup de pouce" attendu par de nombreux travaileurs se révèle décevant. Le soutien apporté au Smic ne sera que de 2%, alors que la fourchette de travail s'établissait jusque-là entre 1,5% et 2,5%. Selon le quotidien Les Echos, cette hausse constituera en grande partie un à-valoir sur la future revalorisation légale qui doit intervenir le 1er janvier 2013, à savoir l'inflation constatée depuis la dernière augmentation, soit 1,4%. Le "vrai coup de pouce" serait donc de 0,6%.

Selon les calculs des syndicats, la hausse effective pour le salarié sera d'à peu près 8 euros brut.
Le ministre du Travail, Michel Sapin, avait prévenu récemment que le "coup de pouce" au Smic serait limité : « Il faut que le pouvoir d'achat du Smic augmente, mais chacun est bien conscient (...) que 74% des smicards travaillent dans les petites et moyennes entreprises, que beaucoup de ces petites et moyennes entreprises sont dans une situation fragile et qu'il ne peut pas y avoir un choc sur le Smic », précisait-il. L'ampleur de l'augmentation du salaire minimum sera annoncée avant la conférence sociale des 9 et 10 juillet prochains.

Mohammed Oussedik, secrétaire confédéral de la CGT, est plutôt déçu par cette annonce : « Avec rien, on ne met rien de plus dans son quotidien. Si cette information s’avérait exacte, on bataillerait très fort pour qu’il y ait un vrai changement dans la politique salariale. C’est une mesure que je qualifierais de déraisonnable. Beaucoup de salariés avaient mis de l’espoir dans cette mesure et dans ce gouvernement. Ce serait la première grosse erreur du Président de la République ».

Hervé Lambel est président du Cerf (Créateurs d'Emplois et de Richesses de France), un syndicat de TPE qui représente plus de 3 000 entreprises en France. Une hausse du Smic, aussi minime soit-elle, n'a pas tendance à rassurer les chefs d'entreprise : « Ça reste de nature à les inquiéter. On a une augmentation des défaillances d’entreprises dans plusieurs secteurs d’activités depuis le début de l’année et là, on nous parle d’augmenter le Smic. Alors, il ne s’agit pas de dire que les salariés gagnent trop mais le travail coûte trop cher. Aujourd’hui, augmenter le Smic, même de 0,6%, on sait que ça va se traduire par des destructions d’emplois et vraisemblablement une augmentation des faillites ».

La Rédaction, avec Reuters et C. Bordet