Robert Hue, l'absent du remaniement

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Successeur de Georges Marchais à la tête du Parti communiste français en 1994, Robert Hue s'est forgé un parcours politique atypique qui aurait pu le conduire à rejoindre le gouvernement de François Hollande ce jeudi.

Successeur de Georges Marchais à la tête du Parti communiste français en 1994, Robert Hue s'est forgé un parcours politique atypique qui aurait pu le conduire à rejoindre le gouvernement de François Hollande ce jeudi. Il est cependant le grand absent du m

Successeur de Georges Marchais à la tête du Parti communiste français en 1994, Robert Hue s'est forgé un parcours politique atypique qui aurait pu le conduire à rejoindre le gouvernement de François Hollande ce jeudi. Il est cependant le grand absent du m

L'ancien numéro 1 du parti communiste n'a finalement pas été retenu dans le gouvernement Ayraut II. Son nom circulait pourtant. Il est le grand absent du mini-remaniement dont le manque d'enjeux a encouragé les médias à se focaliser sur sa possible entrée dans une équipe où les communistes sont absents.

Des observateurs interprètent cette non-participation par la volonté du président de la République de ménager des susceptibilités au Parti communiste, agacé de voir son ancien dirigeant reprendre une certaine envergure politique.

D'autres parlent d'une "bulle médiatique", l'intéressé lui-même restant selon eux sceptique sur une éventuelle nomination.

Le sénateur du Val d'Oise passe pour avoir été l'un des principaux modernisateurs de la place du Colonel Fabien en entraînant le Parti dans l'aventure de la gauche plurielle en 1997 et en l'ouvrant davantage sur la société civile.

Plusieurs "coups" ont cependant agacé nombre de militants durant son règne, comme la location du siège du parti au groupe de mode Prada ou le lancement d'une liste d'ouverture "Bouge l'Europe" pour les élections européennes de 1999.

L'ancien infirmier au collier de barbe a aussi à son crédit d'avoir ouvert les archives du PCF et lancé la stratégie d'ancrage dans le mouvement social.

Sa volonté de rajeunir et de féminiser le PCF n'empêche cependant pas l'inexorable exode des militants et son déclin électoral. Robert Hue obtient en 2002 un score jugé catastrophique de 3,4%, une performance qui aura pour conséquence de mettre au plus mal les finances du Parti.

Suite à son échec à la présidentielle, il quitte la direction du Parti, prend progressivement ses distances avant de lancer en 2009 sa propre formation politique, Le Mouvement unitaire progressiste.

Robert Hue rompt les ponts définitivement en 2011 avec son ancienne famille politique lors de la campagne présidentielle en choisissant de soutenir François Hollande au détriment de Jean-Luc Mélenchon, s'attribuant de ce fait une vive rancune de la part de ses anciens camarades.

Intervenant à la tribune pendant un meeting de François Hollande le 12 avril à Clermont-Ferrand, Robert Hue avait invité les électeurs à "ne pas se tromper d'adversaire", qualifiant sans le nommer Jean-Luc Mélenchon de candidat "de je ne sais quel ancrage plus à gauche, de ne sais quelle vertu révolutionnaire".

Le héraut du Front de gauche n'a guère apprécié son alliance avec François Hollande.

"Personne n'est engagé par les choix de Robert Hue qui a été un tireur dans le dos appliqué et constant", déclarait récemment Jean-Luc Mélenchon à Reuters.

REUTERS