Violents affrontements dans les faubourgs de Damas

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BEYROUTH (Reuters) - De violents affrontements opposaient mardi l'armée syrienne et les rebelles dans les faubourgs nord de Damas, où les insurgés...

BEYROUTH (Reuters) - De violents affrontements opposaient mardi l'armée syrienne et les rebelles dans les faubourgs nord de Damas, où les insurgés parlent de combats d'une intensité sans précédent dans ce secteur depuis le début du soulèvement contre le président Bachar al Assad, il y a plus de quinze mois.

D'après l'agence de presse syrienne Sana, des "groupes terroristes armés" ont coupé la vieille route reliant Damas à Beyrouth.

Les affrontements qui ont suivi, poursuit Sana, "ont provoqué la mort de dizaines de terroristes, ont blessé un grand nombre d'entre eux et conduit à des arrestations et à la saisie de leurs armes, dont des lance-roquettes RPG, des fusils à lunette, des mitrailleuses et un stock important de munitions".

L'opposition a diffusé des vidéos présentées comme des enregistrements des combats autour de Damas. On y entend des rafales de tirs et des explosions. On y voit un homme, touché par des éclats d'obus, agonisant dans son sang.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a signalé de violents combats près du quartier général de la Garde républicaine à Koudsia, ainsi que dans les faubourgs d'Al Hama et Doumar, à seulement 9 km de la capitale.

Selon l'OSDH, qui est basé en Grande-Bretagne mais s'appuie sur un réseau de militants à travers la Syrie, les véhicules blindés des forces de sécurité ont pris d'assaut le faubourg de Barzeh, un bastion de l'opposition, où retentissaient des tirs nourris.

Samir al Chami, un opposant de Damas, a déclaré que des chars et des véhicules blindés sillonnaient certaines rues. Des opposants disent qu'un char a été détruit.

Par ailleurs, d'après la télévision publique syrienne, un général d'aviation, Faraj Chahadeh, a été enlevé par des insurgés à son domicile en plein centre de Damas. Une unité des forces spéciales tente de le récupérer.

Les insurgés ont également signalé des combats dans la ville de Homs. Leurs vidéos montrent des colonnes de fumée noire s'élevant au-dessus des immeubles détruits et abandonnés depuis le siège de l'hiver dernier.

LE CICR TOUJOURS BLOQUÉ DEVANT HOMS

Le bilan compilé par l'OSDH est de 38 civils et 24 militaires tués dans toute la Syrie pour la journée de mardi.

La veille, l'Observatoire a fait état de plus de 100 morts, dont 65 civils et au moins 31 membres des forces de sécurité syriennes. Dans la seule ville de Deraa, dans le sud, d'où est partie la contestation en mars 2011, 18 personnes ont péri. A Daïr az Zour, dans l'est du pays, l'OSDH indique que 17 personnes ont été tuées lundi.

Les autorités ayant pratiquement interdit d'accès le territoire syrien aux journalistes de médias étrangers, les informations diffusées par les entités liées au pouvoir ou les réseaux proches des insurgés sont impossibles à vérifier.

Les 300 observateurs de la Mission de supervision de l'Onu en Syrie (Misnus) ont suspendu pour leur part leurs observations pendant dix jours. Ils ont repris leur tâche lundi, affirme l'agence Sana, en se rendant dans la province de Tartous, sur la côte méditerranéenne, où, écrit l'agence, "ils ont inspecté le calme, la sécurité et la stabilité qui règnent".

Mais au siège des Nations unies, à New York, Hervé Ladsous, qui dirige les opérations de maintien de la paix de l'Onu, a déclaré devant le Conseil de sécurité que l'aggravation des risques en Syrie empêchait les "bérets bleus" d'envisager une reprise de leur mission, rapporte-t-on de source diplomatique.

Le secrétaire général adjoint de l'Onu a ajouté que le gouvernement syrien interdisait aux membres de la Misnus de se servir de téléphones satellitaires, pourtant indispensables à leur mission, a ajouté ce même diplomate.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a une nouvelle fois tenté de gagner la vieille ville de Homs pour évacuer les populations civiles. Mais la situation précaire complique sa tâche.

La semaine dernière, des travailleurs humanitaires du CICR et leurs partenaires du Croissant rouge arabe syrien ont dû rebrousser chemin après avoir entendu des coups de feu.

A Genève, un porte-parole du CICR a déclaré qu'une équipe humanitaire était de nouveau en route vers Homs pour évacuer les civils qui le souhaitent et apporter de l'aide humanitaire.

"On ne peut dire s'ils pourront le faire", a toutefois précisé Bijan Farnoudi.

Erika Solomon et Oliver Holmes, avec Stephanie Nebehay à Genève, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Trequesser

REUTERS