La Haute Cour égyptienne annule la convocation du parlement

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Jeunes Egyptiens tentant de détruire un barrage dans une rue menant au Parlement, près de la place Tahrir au Caire. e bras de fer entre l'armée et les Frères musulmans a connu un nouveau rebondissement mardi en Egypte alors que la Haute Cour constitutionn

Jeunes Egyptiens tentant de détruire un barrage dans une rue menant au Parlement, près de la place Tahrir au Caire. e bras de fer entre l'armée et les Frères musulmans a connu un nouveau rebondissement mardi en Egypte alors que la Haute Cour constitutionn

LE CAIRE (Reuters) - Le bras de fer entre l'armée et les Frères musulmans a connu un nouveau rebondissement mardi en Egypte alors que la Haute Cour constitutionnelle a décidé de suspendre le décret du président Mohamed Morsi, qui ordonne au parlement de siéger de nouveau.

"La Cour a décidé de suspendre la décision du président de convoquer le parlement", a déclaré le juge Maher el Beheiry, chef de la Haute Cour.

Cette décision intervient alors que l'Assemblée du peuple, la chambre basse du parlement égyptien, s'est réunie mardi matin.

La Haute Cour constitutionnelle a invalidé le 14 juin dernier un tiers des sièges de l'Assemblée du peuple, la chambre basse du parlement, jugeant la loi électorale contraire à la constitution.

Ce jugement a conduit les généraux du Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la chute du président Hosni Moubarak en 2011, à dissoudre le parlement deux jours plus tard.

Le nouveau président égyptien était cependant revenu sur ce jugement en ordonnant dimanche par décret au parlement de se réunir à nouveau jusqu'à ce qu'une nouvelle assemblée soit élue.

La décision rendue mardi par la Haute Cour, dont l'intégralité a été publiée par l'agence officielle, précise que ses deux verdicts sont définitifs, ne peuvent faire l'objet d'un appel et que tant leur contenu que leur interprétation s'imposent à "toutes les autorités de l'Etat et à tout le monde".

La Haute Cour précise que son jugement du 14 juin annule l'élection de "l'ensemble (de la chambre basse) du parlement", qui se fonde sur des lois anticonstitutionnelles. Le parlement est "déclaré nul à cette date par le pouvoir de la loi, sans qu'il y ait besoin de prendre une autre mesure", écrit-elle.

Elle qualifie également la décision de Mohamed Morsi de convoquer le parlement d'"obstacle à l'application du précédent verdict de la cour constitutionnelle."

Réunie d'urgence lundi, elle avait précisé qu'elle n'était pas habilitée à revenir sur le décret du chef de l'Etat, mais qu'elle examinerait mardi les recours contestant la constitutionnalité de la décision présidentielle.

L'un des porte-parole des Frères musulmans, Mahmoud Ghozlan, a estimé que cette décision était liée à l'armée. "Cela fait partie d'une guerre des pouvoirs entre le conseil militaire et le président qui représente le peuple, et au cours de laquelle le conseil militaire se sert de la loi et de la justice pour imposer sa volonté", a-t-il déclaré à Reuters.

Yasmine Saleh, Hélène Duvigneau pour le service français

REUTERS