Les fonctionnaires veulent la fin de la journée de carence

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Elle avait été mise en place début 2012 pour rapprocher le public du privé, mais elle est maintenant contestée : la journée de carence dans la fonction publique énerve les syndicats de fonctionnaires. Depuis près d’un an, en effet, la première journée d’arrêt maladie n’est plus compensée par la Sécurité sociale, et les fonctionnaires ne sont pris en charge qu’à partir du deuxième jour. Dans le privé, le délai d’attente est officiellement de trois jours de carence, même si des accords d’entreprise permettent généralement de compenser le manque à gagner : beaucoup n’ont, au final, aucun jour de carence et les entreprises prennent à leur charge les jours non compensés.

La ministre de la fonction publique Marylise Lebranchu rencontrait mardi les syndicats de fonctionnaires, inquiets de la rigueur qui les menace. Ils en ont profité pour poser une priorité : la fin de la journée de carence dans la fonction publique. Baptiste Talbot a participé à cette réunion. Le secrétaire général de la CGT Services Publics est de ceux qui pensent que cette journée doit à nouveau être payée. « Le gouvernement doit absolument revenir sur cette mesure, instaurée par l’ancien gouvernement sur l’idée du rétablissement d’une nécessaire équité public-privé, insiste-t-il. Or, il s’avère que les trois quarts des salariés du privé sont couverts au niveau des carences par des accords d’entreprise, donc on ne voit pas la raison pour laquelle on devrait continuer à avoir un traitement discriminatoire ». Baptiste Talbot demande donc au gouvernement de procéder « sans délai » à l’abrogation de ce jour de carence.

François Sauvadet, député Nouveau Centre de Côte d'Or et ancien ministre de la Fonction publique du dernier gouvernement Fillon, justifie pourtant la mesure. « C’est un effort qu’on leur a demandé - un jour - quand nous avions évoqué la perspective d’avoir un quatrième jour de délai de carence pour le privé », compare-t-il pour évacuer la thèse de la discrimination des fonctionnaires par rapport au public : « Une grande partie des salariés du privé ne sont pas couverts pour le premier jour, notamment dans les petites entreprises, et environ un tiers des salariés ne sont pas couverts » du tout. « On ne peut pas avoir des fonctionnaires exonérés de la participation à l’effort collectif, tout simplement », conclut-il.
Marylise Lebranchu, la ministre désormais en charge du dossier, n’aurait pas encore tranché. Si elle dit comprendre l'injustice ressentie par les fonctionnaires, elle avance une économie de 225 millions d'euros pour la Sécurité sociale. D'autres réunions de concertation pourraient avoir lieu d'ici la mi-octobre.

La rédaction, avec Roxane Pour Sadjadi