Abdelkader Merah, le frère influent auditionné

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Abdelkader Merah, frère du « tueur au scooter » Mohamed Merah, est auditionné ce lundi. Il aurait participé à la radicalisation de son frère et l’aurait même aidé dans les préparatifs des meurtres.

Toulouse, après l'attaque d'une école juive par Mohamed Merah

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Quel rôle a joué Abdelkader Merah dans la folie meurtrière de son frère, Mohamed Merah, le « tueur au scooter » ? C’est la question à laquelle vont essayer de répondre les juges d’instruction chargés de l’enquête et qui l’auditionnent ce lundi. Mis en examen pour complicité d'assassinats, association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme et vol en réunion d'un scooter, Abdelkader Merah aurait eu une influence cruciale sur la radicalisation de Mohamed selon de récents documents déclassifiés de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Abdelkader aurait aussi participé au vol du puissant scooter utilisé lors des tueries, et lui aurait acheté le blouson de motard qu’il portait à ce moment.

« Ses choix idéologiques n’en font pas un assassin »

S’il reconnaît avoir volé notamment le scooter avec son frère, Abdelkader Merah conteste tous les autres faits reprochés. « Je n’ai participé à aucun préparatif », dit-il. Quant à la radicalisation de son frère, son avocat, Maître Dupond-Moretti, ne veut y voir aucun lien : « Les choix idéologiques d’Abdelkader ne font pas de lui un assassin. Lui attribuer un rôle dans la radicalisation de son frère relève du fantasme pur et simple ».

« Sa responsabilité est pleine »

Albert, le père d’Abel Chennouf, un militaire abattu à Montauban avec un collègue devant un distributeur de billets, craint maintenant que la justice n’écarte la responsabilité d’Abdelkader. « Notre crainte est qu’on nous prive d’un procès. Ça, je ne l’accepterai jamais, je ne peux pas, parce qu’Abdelkader est responsable pratiquement de tout ce qu’a fait son frère », affirme-t-il avant de conclure : « Sa responsabilité est pleine dans son passage à l’acte ».

« Notre but, c’est la vérité »

Pourtant, Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, affirmait que Mohamed Merah avait agi seul.
« Je suis désolé, Mohamed Merah n’est pas un loup solitaire, il avait un parrain qui s’appelle Squarcini, accuse le père de la victime. Le temps m’a donné raison. Moi je ne fais pas ça pour la galerie, mais pour mon fils, et j’en appelle aux parents des victimes. Je leur dis attention, faites en sorte qu’Imad, Abel, Mohamed, Jonathan, Gabriel, Arieh et Myriam ne meurent pas une seconde fois. Notre but c’est la vérité, c’est tout ».

La rédaction avec Jean-Wilfrid Forquès