Les zones de sécurité prioritaires officiellement lancées

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Ce mardi, le ministre de l’Intérieur lance officiellement les zones de sécurité prioritaires : plus d’hommes mieux coordonnés doivent être mis sur le terrain. Mais « la délinquance se déplace », craint un policier.


C’est le grand projet de Manuel Valls pour réduire la délinquance dans les quartiers les plus sensibles. Les zones de sécurité prioritaire (ZSP), promesse de campagne du candidat Hollande, sont officiellement installées ce mardi. Le ministre de l’Intérieur, invité ce mardi matin de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, en fera l’annonce à Saint-Ouen. La ville de Seine Saint-Denis sera d’ailleurs l’une des 15 zones installées en priorité en 2012, au même titre que les quartiers nord de Marseille, Mantes-la-Jolie dans les Yvelines ou encore le 18e arrondissement de Paris. Il devrait y en avoir une cinquantaine fin 2013.

« Mettre le paquet là où il faut »

L’idée de ces zones de sécurité prioritaires est simple : mettre le plus de moyens possibles dans les points les plus chauds. « Mettre le paquet là où il faut, pour ce qu'il faut », avait dit en juin Manuel Valls. Amiens, Lille, Strasbourg ou encore Lyon auront aussi leur zone, des territoires ciblés où sévissent généralement trafics de drogues et d’armes, violences et cambriolages. 500 postes de policiers et de gendarmes devraient être créés chaque année pour ces zones selon le gouvernement qui annonce aussi un recours plus fréquent aux CRS et aux gendarmes mobiles. Un petit monde plus nombreux, mais aussi mieux coordonnés puisque le préfet et le procureur de la République y seront associés. 

« La délinquance s’adapte »

Mais ces zones de sécurité prioritaires pourraient aussi avoir des effets pervers. Policier depuis 12 dans le 18e arrondissement de Paris, Florent connaît bien le quartier de la Goutte d’or et son trafic de crack, autrefois florissant. « Depuis quelques années, le trafic de stupéfiants se déporte vers le 93. On a mis un gros coup sur le 18e, plaque tournante du crack, et ce travail de profondeur a fait que ça se déplace petit à petit », explique le policier qui craint le déplacement de la délinquance au gré de l’évolution des zones de sécurité prioritaire. « C’est un risque. On centralise les efforts sur deux ou trois arrondissements, la délinquance s’adapte », conclue-t-il, fataliste.  

La rédaction avec Antoine Perrin