CGT et FO hostiles aux emplois d'avenir pour les saisonniers

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LES EMPLOIS D?AVENIR POUR LES JEUNES DE 16 À 25 ANS

LES EMPLOIS D?AVENIR POUR LES JEUNES DE 16 À 25 ANS

PARIS (Reuters) - La CGT a demandé vendredi au gouvernement de revenir sur un amendement ouvrant les emplois d'avenir, un texte adopté cette semaine à l'Assemblée nationale, aux jeunes titulaires d'un CDD (contrat à durée déterminée) saisonnier.

Après FO, qui avait invité jeudi les sénateurs à rejeter cet amendement lorsqu'ils examineront le texte à la fin du mois, la CGT a demandé au ministre du Travail Michel Sapin de revenir sur cette disposition "eu égard aux nombreux risques de dérives" qu'elle comporte.

Dans un communiqué, la centrale syndicale fait valoir que le contrat saisonnier "est déjà un CDD à bas coût n'ouvrant pas le droit à la prime de précarité, ce qui incite d'ailleurs des employeurs qui n'en ont pas le droit à en faire usage".

Jeudi, FO avait déclaré que, "alors que le Premier ministre veut lutter contre le travail précaire, voilà qu'il considère que les contrats courts saisonniers sont d'avenir pour nos jeunes".

L'amendement contesté prévoit qu'un CDD saisonnier pourrait être associé à un emploi d'avenir "lorsqu'il comprend une clause de reconduction pour les deux saisons suivantes et à condition que la durée totale des périodes travaillées ne soit pas inférieure à douze mois".

Pour la CGT, cette disposition n'apporte aucune garantie pour les jeunes qui en bénéficieront "mais reviendra à subventionner, particulièrement dans les secteurs du tourisme, de l'animation ou de l'agriculture, des emplois précaires".

Le dispositif des emplois d'avenir vise à faciliter l'entrée sur le marché du travail des jeunes sans qualification venant de zones défavorisées via des contrats à plein temps subventionnés à hauteur de 75% et d'une durée minimale de trois ans.

Le gouvernement prévoit de créer 100.000 de ces emplois d'ici fin 2013 puis 50.000 en 2014 pour un coût estimé de 2,3 milliards d'euros.

Yann Le Guernigou, édité par Patrick Vignal

REUTERS