Une anti-corrida : « On obtiendra l'abolition »

219 opinions
- +
Des anti-corridas manifestent dans les arènes de Rodilhan (Gard), en octobre 2011

Des anti-corridas manifestent dans les arènes de Rodilhan (Gard), en octobre 2011

Malgré la décision défavorable du Conseil constitutionnel, qui a jugé vendredi la corrida compatible avec la loi française, ils ne sont pas prêts à baisser les armes. Les anti-corridas jurent qu’ils vont continuer le combat jusqu’à obtenir gain de cause.
« On est forcément déçus, parce que cela aurait simplifié la lutte et mis un terme dès à présent à cette horreur, explique à RMC.fr Sabine Landais, porte-parole du Comité radicalement anti-corrida (CRAC). Mais on a beaucoup d'autres recours et beaucoup d'autres cordes à notre arc. Passée cette déception, on va réattaquer de plus belle et on obtiendra l'abolition de toute façon ».
Dans leur combat, les anti-corridas jouent sur deux tableaux. Juridique d'abord, avec une nouvelle plainte au tribunal administratif pour faire désinscrire la corrida du patrimoine culturel immatériel français. « Et si on n’obtient pas gain de cause on retournera devant le Conseil d’Etat, et enfin la Cour européenne des Droits de l’homme » explique Sabine Landais.

Puis les opposants à la tauromachie comptent également porter le débat à l'Assemblée nationale, où une proposition de loi avait été déposée sur le sujet en 2010. La députée UMP Muriel Marland-Militello et sa collègue socialiste Geneviève Gaillard sont à l'origine de ce texte visant à punir « sans exception » les sévices graves envers les animaux domestiques, apprivoisés ou tenus en captivité. Le texte n'a jamais été soumis au vote. « Les députés abolitionnistes n’ont pas le droit de s’exprimer à l’Assemblée parce que les projets de loi sont avortés » dénonce Sabine Landais, pour qui « le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, afficionado déclaré, bloquent les propositions de lois ». Puis elle reprend les termes du président du Crac, Jean-Pierre Garrigues, qui parle de « dictature tauromachique » puisque « un petit nombre impose sa loi ».

Reste un autre terrain pour faire valoir ses idées : les arènes elles-mêmes. « On a prévu une grosse manifestation à Alès (Gard) en mai prochain, où on pense rassembler 10 000 personnes. Et puis on continuera les actions physiques d'oppositions : saut et enchaînements de militants dans les arènes comme nous l’avions fait à Rodilhan dans le Gard, en 2011 (Cf vidéo ci-dessous) ». 95 personnes s’étaient enchaînés les unes aux autres dans l’arène, en 2011, parvenant à repousser le début de la corrida avant de se faire exclure manu militari.

Philippe Gril