Peillon veut rapprocher l’école de l’entreprise

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Vincent Peillon veut rapprocher l’école du monde de l’entreprise. Pour cela, le ministre de l’éducation nationale souhaite mettre en place un stage en entreprise dès la 6ème et plus seulement en 3ème, comme c’est le cas actuellement.
Mais il souhaite aussi que les enseignants aient, au cours de leur formation, « un contact avec le monde de l'entreprise ». Selon lui, le rôle des professeurs n’est pas seulement de « former des citoyens, mais aussi de préparer les jeunes à un emploi ».
Objectif: éviter de « fabriquer des décrocheurs » en orientant mieux les élèves, du coup, lutter contre le chômage mais aussi faire que l’école prenne en compte les besoins des entreprises. « Nous avons 600 000 offres d'emploi qui ne sont pas pourvues », explique le ministre de l’éducation. « Nous avons besoin d'un lieu où l'on puisse discuter sereinement des prospectives et des besoins en emplois. Je veux que l'on puisse ajuster les préoccupations des entreprises et les nôtres pour donner la meilleure formation possible et la plus utile aux jeunes ».

Pour Bernard Solmy, proviseur du lycée professionnel et technologique Denis Papin à la Courneuve, c’est une piste à explorer : « C’est une idée positive. On voit bien que les jeunes collègues qui arrivent sont de jeunes pleins de motivation qui ont envie d’enseigner, explique-t-il. Le problème c’est qu’ils ont un cursus uniquement universitaire, quand on regarde des gens qui arrivent avec un master et qui dans leur scolarité ont fait un ou deux mois de stage dans en milieu professionnel, ça interroge pour faire passer un bac pro par exemple ».

Pourtant certains professeurs sont contre, à l’image de Mathieu Brabant, professeur de mathématiques et délégué CGT dans ce lycée, ce n’est pas le rôle des professeurs : « Je ne pense pas que ça soit nécessaire, explique-t-il. Ce n’est pas forcément ce qu’on attend comme formation pour les enseignants. C’est vraiment une logique calquée sur les besoins du patronat, on passe d’une logique où il y a vraiment une liberté pédagogique d’apprentissage, de permettre aux élèves de s’émanciper, citoyenneté, culture etc., et une logique beaucoup plus économiste que nous ne partageons pas. Je vais dans les entreprises, par exemple quand on cherche des stages pour les élèves ».
Près de 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans diplôme.

La Rédaction, avec H. Perrier et L. Top