Pôle emploi : un suivi individuel à la place des rendez-vous mensuels

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Pour beaucoup de chômeurs, c’était une corvée plutôt qu’une aide : des rendez-vous mensuels à Pôle emploi, obligatoires, pour faire le point et envisager de nouvelles pistes. Début 2013, pourtant, les choses devraient changer, car l’administration réforme son système d’accompagnement des demandeurs d’emploi. La direction présente ce jeudi un nouveau plan stratégique qui doit remplacer les entretiens mensuels obligatoires par un accompagnement différencié en fonction du profil des chômeurs. Objectif affiché par le directeur général, Jean Bassères : « faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin ».

Il faut bien l’avouer, le système actuel a ses ratés. Pierre, demandeur d’emploi depuis novembre 2011, raconte qu’il a eu son premier rendez-vous… en mars. Et c’est tout. « Mon deuxième, c’était un entretien téléphonique… La semaine dernière ! Je n’ai pas trouvé que ça m’aidait beaucoup », raconte-t-il, désabusé.
Ce rendez-vous pas toujours respecté sera donc remplacé par trois possibilités différentes d’accompagnements. Pour ceux « dont l’autonomie est la plus grande », ils pourront bénéficier en 2013 de l’accompagnement « suivi ». L’accompagnement sera « guidé » pour ceux « qui nécessitent d'être appuyés », et enfin « renforcé » pour les chômeurs qui ont « besoin d'être fortement accompagnés ».
A partir d’éléments objectifs tels que la maitrise de la langue ou de l’informatique, mais aussi de la perspective du demandeur d’emploi par rapport à l’avenir ou l’acceptation de la perte d’emploi, le conseiller de Pôle emploi choisira parmi ces trois parcours celui qui est le mieux adapté.

Alexandre, lui aussi demandeur d’emploi, trouve ça mieux, plutôt que se contenter d’un « rendez-vous mensuel qui n’a aucun intérêt ». Avec la réforme, « s’ils voient moins les gens parce qu’ils sont plus autonomes, tant mieux, ça leur baisse un peu leur charge de travail ». Et c’est bien là tout le but de la réforme : dégager du temps pour les conseillers de Pôle emploi, souvent débordés par l’afflux de chômeurs. Pour Sabine Landrevie du syndicat SNU Pôle Emploi, pourtant, il reste des inquiétudes. « C’est une bonne chose, mais ça ne suffira pas, estime-t-elle. On pourra toujours modifier les accompagnements, ça ne suffira pas si on reste à moyens constants avec une demande d’emploi exponentielle. Il faut du personnel ».

La rédaction avec Lionel Top