Des milliers de salariés français manifestent contre l'austérité

112 opinions
- +

Plusieurs milliers de salariés français sont descendus dans la rue mercredi, dans le cadre d'une journée de mobilisation syndicale européenne.
Relayant l'appel de la Confédération européenne des syndicats, cinq organisations françaises - CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa - ont organisé des manifestations partout en France « pour l'emploi, la solidarité en Europe et contre l'austérité », mot d'ordre fédérateur de toutes les banderoles. Au total, les salariés de 23 pays européens étaient appelés à participer à ce mouvement, particulièrement vif en Espagne, au Portugal, en Italie, parfois émaillé de violence.

En France, 130 défilés ont été organisés dans tout le pays, selon la CGT. Il s'agissait de la première mobilisation unitaire CGT/CFDT depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir. « Que dans tous les pays européens, les syndicats se soient mis d'accord pour un même jour, dans un même mouvement, dénoncer les politiques d'austérité en Europe, c'est un acte fort qui doit être entendu par tous les chefs d'Etat européens », a déclaré Bernard Thibault, au départ de la manifestation parisienne. Le leader de la CGT vise directement la politique du gouvernement: « Les politiques d'austérité, c'est en Europe et c'est en France. Dès lors que l'on a le gel des salaires, l'annonce d'augmentation d'impôts, la baisse des dépenses publiques, c'est une politique d'austérité », a-t-il dit.
Son homologue de la CFDT, François Chérèque, a adressé un message « à tous les chefs d'Etat des pays européens », et « j'y inclus le chef d'Etat de la France » François Hollande. « Hier il nous a dit qu'il était capable d'infléchir la situation européenne, eh bien puisqu'il est capable, qu'il relaie notre appel ».
François Hollande a affirmé mardi devant la presse que les manifestations ne mettaient en « pas en cause » sa politique, mais plutôt la soutenaient.

« La rigueur excessive dans certains pays d'Europe du Sud amène une forte récession en Europe. Cela mène à des drames, on ne peut pas aller plus loin », a lancé François Chérèque. « L'austérité nuit gravement à la santé », scandaient les manifestants parisiens. « L'éducation ne paiera pas la crise », proclamaient les jeunes. « On est là parce que ce gouvernement dit ‘de gauche’ ne prend pas de décision », a affirmé une militante de la CGT, Marie-Christine Tisseyre, défilant à Marseille. Plusieurs milliers de personnes – 2 300 selon la police, 20 000 selon les organisateurs - ont défilé dans la cité phocéenne. A Nice, ils étaient entre 350 et 700. A Lille, entre 1 600 et 2 500 personnes étaient dans la rue parmi lesquelles plusieurs centaines de Belges. « On espère que ce mouvement va s'amplifier », estimait Marie-Line Colin, du syndicat belge FGTB.
A Lyon, quelque 1 800 personnes selon la préfecture ont défilé sous un soleil froid, jusqu'à la place Bellecour (centre-ville), la couleur rouge de la CGT dominant. « Si tu t'opposes au capital tape dans tes mains », ont chanté les manifestants, cheminots, agents de la Poste ou encore fonctionnaires.
Plusieurs milliers d'actifs et de retraités - 5.000 selon les syndicats, 1.350 selon la police - ont manifesté à Bordeaux, face au Grand Hôtel, « où se réunissent tous les patrons ». En tête de cortège défilaient des salariés de l'entreprise Labso (qui fermera à l'été 2013). « 53 emplois détruits, 1,4 milliards de bénéfices, de qui se moque-t-on ? », clamait leur banderole.
A Rennes, entre 650 et 800 personnes ont défilé dans le centre-ville. « A bas, à bas le Parti socialiste », entendait-on dans le cortège où flottaient aussi des drapeaux du Parti de gauche, du NPA ou de la CNT (anarchiste).
Au Havre ils étaient 3 000 dans les rues, dont de nombreux dockers. Des affiches collées sur le local du PS demandaient: « Le changement c'est maintenu ? ». A Vannes, quelque 200 personnes ont manifesté, et ils étaient autant à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), entre 200 et 300 à Brest (Finistère) et à Rouen.

La Rédaction avec agences