Fin du monde : « Ne venez pas à Bugarach ! »

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Le pic de Bugarach, dans l’Aude, risque d’être pris d’assaut par ceux qui croient qu’ils pourront échapper à la fin du monde le 21 décembre. Le village est fermé par 200 gendarmes, et le maire appelle à les laisser tranquilles.

Le pic de Bugarach, dans l'Aude

Le pic de Bugarach, dans l'Aude

Et vous, que ferez-vous pour la fin du monde ? Pour beaucoup, le mythe maya qui sous-entend que le monde disparaîtra le 21 décembre n’est qu’une superstition, et le vendredi soir sera identique aux autres. Mais d’autres ont bien l’intention de se rendre à Bugarach, une commune de l’Aude au pied d’un pic qui, selon certaines croyances relayées sur internet, disposerait de galeries souterraines dans lesquelles pourraient se réfugier tous ceux qui craignent l'apocalypse, voire serait le hangar naturel d’un vaisseau spatial. Si la montagne a une telle réputation, c’est tout d’abord en raison de sa particularité géologique : les couches supérieures sont plus anciennes que les couches inférieures, en raison de la violence des déplacements tectoniques. Ensuite, un habitant de la région a cru y entendre, dans les années 60, le bruit d’un moteur. La preuve, selon lui, que les extraterrestres y ont caché une soucoupe volante.
Et à l’approche du Jour J, les autorités s’inquiètent. Des barrages ont été mis en place pour éviter les accès à la commune, 200 gendarmes sont mobilisés, et le maire de la ville ainsi que le préfet de l’Aude lancent le même appel : « ne venez pas à Bugarach ! ».

« Ça va être un grand choc »

Dans le village, pourtant, certains ont déjà pris les devants. Rencontré par RMC, Boris est sur place et s’attend à l’Apocalypse, « parce que les planètes s’alignent, elles vont se rencontrer, ça va être un grand choc », raconte-t-il. Ce breton est accompagné de Quentin, qui « attend sagement ». S’il n’est sûr de rien, il pense tout de même qu’il « vaut mieux être ici qu’ailleurs ». Et aux côtés des mystiques, il y a aussi les fêtards, comme Pierre : « Je suis ici plutôt pour rigoler un coup, voir s’il y a des gens prêts à faire la fête », s’amuse-t-il.

« On en fait beaucoup trop »

Pour Marie-Line, l’institutrice de l’unique école de cette commune de 200 habitants, il n’y a pourtant pas de raison de se réjouir quand on voit le dispositif. « Je ne sais pas si c’est au-delà de la raison, mais en tout cas, c’est au-delà du nécessaire, car je ne pense pas qu’il y aura ni une arrivée d’extraterrestres, ni d’allumés, qui nécessite de telles mesures. Mais les rumeurs ont fait qu’on a pris ces mesures pour prévenir un éventuel danger. On en fait beaucoup trop, c’est un peu dommage. Si ça faisait de la publicité pour le village… mais là, elle est plutôt négative ! »

Pour mettre fin aux rumeurs, le CNRS a publié une vidéo expliquant l'histoire des mayas et dénonçant les fausses informations :


Les Mayas, le calendrier et le 21-12-2012 par CNRS

Mathias Chaillot avec Jean Wilfrid Forquès