Alain Afflelou dénonce « une guerre de tranchées »

75 opinions
- +
Alain Afflelou

Alain Afflelou

L'opticien Alain Afflelou, qui doit s'installer prochainement à Londres « pour deux ou trois ans », a dénoncé samedi « une guerre de tranchées » livrée, selon lui, aux entrepreneurs et « ceux qui réussissent », rejoignant la patronne des patrons, Laurence Parisot, qui parle de « guerre civile ». Le président et fondateur du groupe lunetier français a annoncé cette semaine qu'il allait s'installer à Londres pour une durée déterminée à la demande de son nouvel actionnaire majoritaire, le fonds britannique Lion Capital. L'objectif est de développer l'entreprise sur de nouveaux marchés d'Europe du Nord, a-t-il fait savoir. « Je ne pars pas pour ne pas payer d'impôts », a répété samedi la 204e fortune française. La fiscalité sur les entrepreneurs « est injuste parce qu'elle est confiscatoire », a-t-il toutefois ajouté.

« On est en train de faire une guerre de tranchées, on est en train de revenir en 1789, il faut arrêter de dire que les chefs d'entreprise sont des voleurs, sont des voyous, sont des gens malhonnêtes », a poursuivi Alain Afflelou, dénonçant « le regard » et les « jugements » portés sur « les hommes et les femmes qui réussissent ». Le débat grossit en France sur l'exil fiscal annoncé ou supposé de plusieurs fortunes nationales, dont le comédien Gérard Depardieu, depuis que le pouvoir socialiste a instauré une nouvelle tranche d'imposition à 75% pour les revenus annuels supérieurs à un million d'euros. En juin, le Premier ministre britannique, David Cameron, s'était dit prêt à dérouler "le tapis rouge" aux entreprises françaises désireuses de s'installer au Royaume-Uni pour des raisons fiscales.

« Il y a quelque chose de ressemblant avec cette émigration qui nous a coûté très cher au moment de la Révolution, estime Claude Goasguen député maire UMP du XVIe arrondissement de Paris qui voit dans les reproches du gouvernement envers certains riches une similitude avec l’exil des aristocrates en 1789. Et je voudrais que le gouvernement, au lieu de se lancer dans des diatribes contre Depardieu, Afflelou ou contre Arnaud, ferait mieux de rectifier sa position sur la fiscalité. Si le gouvernement n’a pas conscience des réalités, hé bien c’est la France toute entière qui va payer. Un pays qui veut assurer la solidarité a intérêt à avoir beaucoup de riches. Le fait qu’ils soient taxés de manière exorbitante, je trouve que c’est une politique absurde ».

« C’est outrancier. Ça m’inquiète. Ça montre le pouvoir corrupteur de l’argent, assure Alexis Corbière secrétaire national du Front de Gauche, auteur de "Robespierre, reviens !". Tous ces gens, pour accumuler des privilèges, en sont venus à dire n’importe quoi ! 1789, c’est le début de la Révolution, la fin des privilèges infâmes de l’Ancien Régime. Et je m’amuse de voir cette aristocratie de 2012 s’indigner de voir qu’on leur demande de partager un peu par l’impôt. Catherine Deneuve disait qu’elle sentait quasiment la lame de la guillotine. C’est outrancier ».

Tugdual de Dieuleveult avec Reuters