François Hollande exclut une reprise de Petroplus par l'Etat

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Francois Hollande aux côtés du ministre du Redressement productif à la rencontre de salariés de l'usine Petroplus de Petit-Couronne, à Val-de-Reuil. Le président a assuré que l'Etat français ferait tout pour aider à la recherche d'un repreneur pour leur r

Francois Hollande aux côtés du ministre du Redressement productif à la rencontre de salariés de l'usine Petroplus de Petit-Couronne, à Val-de-Reuil. Le président a assuré que l'Etat français ferait tout pour aider à la recherche d'un repreneur pour leur r

par Elizabeth Pineau

VAL-DE-REUIL, Eure (Reuters) - François Hollande a assuré samedi des salariés de Petroplus que l'Etat français ferait tout pour aider à la reprise de leur raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime), tout en excluant une reprise du site par les pouvoirs publics.

En visite en Haute-Normandie, le chef de l'Etat a rencontré une délégation de l'intersyndicale de la raffinerie, en liquidation judiciaire depuis la mi-octobre, dont le sort pourrait être scellé début février par le tribunal de commerce de Rouen.

Celui-ci a déjà reporté à trois reprises une décision sur le choix d'un repreneur éventuel pour le site, qui emploie près de 500 personnes.

"Tous les pouvoirs publics sont mobilisés pour, qu'à partir des choix qui nous sont présentés, nous puissions en dégager un qui donne de la garantie, de la pérennité", a déclaré le président de la République après une rencontre de 45 minutes avec l'intersyndicale à la mairie de Val-de-Reuil dans l'Eure.

"L'Etat fera son devoir, il accompagnera", a ajouté François Hollande.

A la question de savoir s'il était optimiste, il a répondu en invoquant Pierre Mendès-France, président du conseil socialiste sous la IVe République, à qui il devait rendre hommage en fin de matinée à Louviers (Eure), déclarant: "Pierre Mendès-France était connu pour dire la vérité, même quand elle est difficile, et pour faire des choix courageux. Je suis dans cette même démarche de vérité."

PAS DE GARANTIE

"C'est difficile de trouver un repreneur, nous devons tout faire pour aller le chercher (...) L'Etat fera son devoir mais l'Etat ne peut pas être le repreneur et ça, les salariés le savent parfaitement", a-t-il encore dit.

François Hollande était accompagné du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, qui avait évoqué un temps une piste libyenne pour la reprise de Petroplus, ainsi que du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, présent à ses côtés en tant qu'élu local.

Le chef de l'Etat s'était rendu à Petit-Couronne pendant la campagne électorale et des manifestants présents à Val-de-Reuil lui ont demandé de "tenir ses promesses".

Le porte-parole de l'intersyndicale, de Petroplus, Yvon Scornet, a déclaré après la réunion que si François Hollande s'était engagé à "tout faire pour faire avancer le dossier", il n'avait pour autant donné aucune garantie.

Il a souligné que ses relations avec le nouveau gouvernement socialiste étaient différentes de celles entretenues avec le pouvoir sous Nicolas Sarkozy, pour ajouter aussitôt: "Mais ça ne nous empêchera pas de taper du poing sur la table."

"Ça fait plus d'un an qu'on se bat pour nos emplois, pas pour avoir de meilleures conditions de licenciement", a-t-il encore dit.

Après cette rencontre, François Hollande a déambulé dans les rues de la ville nouvelle de Val-de-Reuil, qui a fait l'objet d'un plan de rénovation, en compagnie du ministre de la Ville, François Lamy.

Avec Marc Parrad, édité par Yann Le Guernigou et Danielle Rouquié

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