Grève des taxis : journée de mobilisation ce jeudi

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Archives, décembre 2009: opération escargot des taxis entre Orly et Paris.

Archives, décembre 2009: opération escargot des taxis entre Orly et Paris.

Ils sont en colère, et ils ont décidé de se faire entendre ce jeudi. Plusieurs fédérations de taxi appellent à manifester dans toute la France pour protester contre les changements prévus par les pouvoirs publics pour le transport des malades, assuré en partie par les taxis. A Paris plus de 5 000 taxis sont attendus, et le mouvement sera également suivi en région et dans d'autres grandes villes de France comme Nantes, Marseille, Toulouse, Lyon, Bordeaux, Metz.
L'article 44 de la loi des finances de la Sécurité sociale, déjà voté, leur ferait en effet perdre le transport des malades assis car le gouvernement compte lancer un appel d'offres. Avantage : l’Assurance maladie pourrait économiser 3,5 milliards d’euros par an en passant par d’autres biais. Inconvénient : les chauffeurs de taxis craignent de perdre le marché face aux grands groupes de transport. L'intersyndicale estime que cette loi pourrait menacer 30 000 emplois dans la profession.

Président de FTI 75 (Fédération Taxi Indépendant) et vice-président de FNTI, au niveau national, Ahmed Senbel estime que la loi risque de tuer une grande partie de la profession, pas adaptée à la concurrence. « Nous, on ne peut pas faire face à ce genre d’entreprise+s, comme Veolia ou d’autres, on n’a pas les mêmes moyens. Ce qui nous inquiète, c’est que demain, si vous êtes malade, on ne vous laisse pas le choix, si vous voulez être transporté par une ambulance ou un taxi. Ça va être du transport de bétail ». Et si les taxis parisiens peuvent s’en tirer avec d’autres courses, les taxis de province risquent d’être les plus touchés. « A paris, le transport des malades représente 35 à 40%. Demain, si je n’ai plus le droit à 40% de mon chiffre d’affaires, vous mettez mon entreprise en danger ! En province, c’est 80%. Vous ne les mettez pas en danger, vous les tuez. Si ça passe, c’est ce qui va arriver ».

Patricia, taxi depuis 32 ans, sera elle aussi de la manifestation. Et pour se faire entendre, ils vont se faire remarquer : « On va bien bloquer, les aéroports, on va faire des opérations escargot, on est décidés à se faire entendre, tous les taxis vont être ensemble, et on ne va pas se laisser faire, affirme la chauffeur. Il y a trop de problèmes avec une concurrence déloyale. Vu les charges qu’on a, comment on va faire ? »

Car la concurrence déloyale est en effet un problème récurrent de la profession. Au-delà de la question du transport des malades, d’autres services sont maintenant de plus en plus assurés par des chauffeurs non professionnels, ce qui inquiète la profession. C’est le cas d’Octavio, taxi depuis 15 ans, qui voit maintenant arriver des compagnies de transport privées. « C’est une concurrence déloyale ! Tous ces clandestins, ces gens qui transportent une personne avec une voiture personnelle, ils arrivent dans les aérogares et proposent un transport.  Nous, les taxis, on reste trois ou quatre heures dans les bases-arrières, les stations d’attente des aéroports ! »

Mathias Chaillot avec Barthélémy Bolo