Industrie : 100 millions d’euros pour les robots

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Le plan doit faire entrer la France dans le top 5 de la robotique à l'horizon 2020.

Le plan doit faire entrer la France dans le top 5 de la robotique à l'horizon 2020.

N’ayez pas peur des robots, ils peuvent être un atout pour l’emploi. Ce lundi, à l’occasion de l’ouverture du salon de la robotique ImmoRobo de Lyon, Arnaud Montebourg doit annoncer un plan de 100 millions d'euros pour robotiser les PME françaises et développer la recherche en la matière. Selon l'entourage du ministre du Redressement productif, l'industrie française est sous-équipée en robots, ce qui l'handicape à l'étranger.
Le plan doit, d’un côté, augmenter la présence des robots industriels dans les PME françaises pour améliorer leur compétitivité. Le but est d’équiper en robots au moins 250 nouvelles usines françaises, en finançant jusqu'à 10 % du coût d'installation. En parallèle, il prévoit d’aider la recherche et les entreprises françaises qui fabriquent des robots industriels, avec 5 domaines prioritaires : le secteur des transports ; la défense et la sécurité ; l'environnement ; les machines intelligentes ; et l'assistance à la personne. A l’horizon 2020, ces mesures devraient faire entrer la France dans le top 5 de la robotique.

« La France souffre d’un retard important, note Robin Rivaton, consultant en stratégie pour les entreprises auteur d’une étude sur la robotique et auditionné par le ministère du Redressement productif. Elle compte 122 robots pour 10 000 salariés quand le rapport est de 350 en Corée du Sud, de 260 en Allemagne, et il y a d’autres pays devant nous : la Suède, le Danemark, les Etats-Unis, et même l’Espagne, et le différentiel s’accroit. Et cette année, la France a été dépassée par la Thaïlande qui a acquis plus de robots ».

L’expert voit donc le plan d’Arnaud Monteborg d’un œil, même s’il regrette son manque d’envergure. « Sur le principe, c’est une très bonne chose, on essaye de développer un secteur d’avenir. Sur le fond, il y a de grosses limites. 100 millions d’euros, c’est ridicule, si on rapporte le montant aux 100 milliards de manque d’investissement dans l’industrie française depuis une dizaine d’années, c’est une goutte d’eau. Il faut un choc beaucoup plus massif pour espérer en voir une traduction dans les résultats du PIB ».

Mais la robotisation provoque des inquiétudes sociales dans notre pays. Selon un sondage récent réalisé pour la Commission européenne, la France est le 4ème pays d'Europe sur 28 où l'on doute le plus que la robotique puisse apporter des emplois. Pire, 74 % des Français estiment que les robots « volent le travail des gens », soit quatre points de plus que la moyenne européenne. Mais les choses sont un peu plus complexes, estime Robin Rivaton. « C’est une crainte avérée à très court terme. Effectivement, il peut arriver des situations ou un robot remplace un ouvrier. Mais quand on regarde l’image globale, on se rend compte que la production, l’entretient, la formation, tout cela créé des besoins annexes, des métiers qui n’existaient pas. Au final, ça créé de l’emploi, et dans un pays comme le nôtre qui détruit structurellement des emplois industriels, on parle de 70 000 emplois industriels détruits chaque année, et bien la robotisation aura un effet positif au global ».

Mathias Chaillot avec Victor Joanin