Atteint d'un cancer, il sauve l'ambulancier qui l'amène à l'hôpital

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Un patient sexagénaire gravement malade du Pas-de-Calais a sauvé la vie de son ambulancier, alors qu'il le conduisait à l'hôpital pour des examens. Victime d'un malaise cardiaque, l'ambulancier a été pris en charge par le malade...


Il sait qu’il va bientôt mourir, et le peu de vie qu'il lui reste lui a permis d’en sauver une. Celle de l’ambulancier qui l’amenait à l’hôpital pour passer un scanner, comme une dernière ironie de la vie. Cet homme, c’est Christian Nayet, 60 ans, atteint d’un cancer très avancé de l’appareil digestif. Jeudi dernier, cet habitant de Berck, dans le Pas-de-Calais, doit se rendre à l’hôpital Huriez de Lille. Mais sur la route, l’ambulancier est pris d’un malaise.

« Il était agité et n’allait pas bien »

« Je me suis rendu compte qu’il était agité et n’allait pas bien. Il disait qu’il avait des fourmis dans les doigts. J’ai pensé à une crise cardiaque. Je lui ai dit de s’arrêter. Je lui ai fait prendre deux médicaments que j’avais, un anti-coagulant pour fluidifier le sang et un autre pour stabiliser le rythme cardiaque », raconte Christian Nayet dans La Voix du Nord, qui a révélé l'histoire. Il prend alors le volant de l’ambulance, fonce entre les voitures et malgré son état, parvient à se rendre à l’hôpital le plus proche, à Lens. L’ambulancier est alors pris en charge par le personnel médical qui parvient à lui sauver la vie. Un personnel stupéfait que Christian Nayet ait pu conduire dans son état.

« Il a eu les bons réflexes »

« Il a entré le véhicule dans le sas des ambulances comme l'aurait fait n'importe-quel ambulancier », a raconté à Frédéric Allienne, cadre de santé au service des urgences de l'hôpital de Lens. « Le patient a donné les bonnes informations, a eu les bons réflexes, ce qui a permis une prise en charge rapide de l'ambulancier » sur le « plateau technique de cardiologie », poursuit-il, admiratif. Sans cette intervention, l'ambulancier « serait peut-être décédé », estime Frédéric Allienne.

« Cette nuit-là, j’ai dormi comme un enfant »

Mais la mort est rancunière, et le scanner finalement passé avec trois heures de retard par Christian Nayet révèlera la gravité et l’état d’avancement de son cancer.
Le lendemain, il recevra un coup de fil de l’ambulancier : « Il m’a dit : J’ai une femme, un enfant, vous m’avez sauvé. Il souhaitait me revoir. Je lui ai dit : L’important, c’est que tu sois sauvé. Moi, ça m’a permis, cette nuit-là, de dormir comme un enfant : je pensais que j’avais fait quelque chose de bien… ».

Philippe Gril avec AFP