Hérault : 7 noyades à cause du vent

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Sept personnes sont mortes noyées dimanche sur différentes plages du littoral de l'Hérault en raison de vents violents et de la houle.

Des vents violents atteignant parfois 130 km/h expliquent ce bilan qualifié de « hors norme ».

Des vents violents atteignant parfois 130 km/h expliquent ce bilan qualifié de « hors norme ».

Sept personnes sont mortes noyées dimanche sur différentes plages du littoral de l'Hérault en raison de vents violents qui ont provoqué une forte houle, a-t-on appris auprès du ministère de l'Intérieur.
Depuis vendredi, ce sont neuf personnes qui ont péri sur les plages où étaient pourtant déployés des drapeaux orange ou rouge, ainsi qu'en mer. Des vents violents atteignant parfois 130 km/h expliquent ce bilan qualifié de « hors norme » par un responsable des secours. Ces dernières vingt-quatre heures, les secours ont effectué une vingtaine d'interventions sur des personnes en difficulté.

« Un appel à la plus grande prudence »

« C'est une vraie tragédie. Sept décès aujourd'hui, neuf depuis vendredi », a précisé Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur, sur BFM-TV.
« C'est la raison pour laquelle le ministère de l'Intérieur lance un appel à la plus grande prudence, un appel aux vacanciers, la mer est dangereuse comme elle l'a montré encore aujourd'hui », a-t-il ajouté.
De juin à septembre 2012, près de 500 personnes sont mortes noyées en France, dont près de la moitié en mer, selon une étude de l'Institut de veille sanitaire.

« Les gens pensent que la Méditerranée est un gros lac »

Serge Malvezin est président du comité de sauvetage et de secourisme dans l'Hérault, explique que si les vacanciers se baignent malgré les drapeaux rouges et orange, c’est dû à un mélange « d’égoïsme et d’éducation ».
Pour le président du comité, « les gens pensent que la Méditerranée est un gros lac. Mais il y a de la houle comme sur l’Atlantique ». Allié à la canicule, qui a donné envie aux gens de se baigner, « drapeau rouge ou pas ».
Afin d'enrayer ces accidents, « un gros travail de prévention a été fait ». « On a renforcé nos dispositifs, car ça engage toujours trois ou quatre personnes dès qu’il y a un sauvetage. En vous mettant à l’eau, vous mettez les sauveteurs en danger » précise Serge Malvezin, avant d’expliquer comment le fort vent de sud-est agite la mer et crée un environnement très dangereux pour les baigneurs.
« Les vagues fabriquent du courant, qui peut faire cinq ou six kilomètres heures et qui entraîne les gens vers le large. Quand la personne se trouve coincé dans cette rivière qui l’emmène vers le large avec des vagues qui lui tapent sur la tête, souvent, ça déclenche une panique, et un bon nageur se retrouve très vite en difficulté ».

« Il suffit d’aller se baigner dans les zones surveillées pour être sûr d’être secouru dans la minute »

Laurent Sagnimorte s'occupe de la Société nationale de sauvetage en mer de Palavas-les-Flots (ouest du littoral de l'Hérault), il explique que dans ces conditions difficiles, il est d'autant plus important de se baigner en zone surveillée.
« Les mairies mettent des moyens importants sur les plages pour sécuriser les baignades. Il suffirait d’aller se baigner dans ces zones-là pour être sûr d’être secouru dans la minute. Dans les zones non surveillées ou hors zone, les délais d’intervention peuvent être de cinq minutes, ce qui est trop tard pour une noyade ». Laurent Sagnimorte précise que certains des drames se sont produits « avant le début de la surveillance ou à un endroit où on ne voyait pas la plage, ce qui rendait la surveillance impossible ».

Claire Béziau, avec Camille Maestracci