Chartres : un magistrat relâche trois malfaiteurs faute de place en prison

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Trois hommes condamnés à de la prison ferme mais qui n'ont pas été incarcérés, faute de place à la maison d'arrêt de Chartres

Trois hommes condamnés à de la prison ferme mais qui n'ont pas été incarcérés, faute de place à la maison d'arrêt de Chartres

Le fossé se creuse entre la police et la justice. Ce week-end a Chartes, un magistrat a remis en liberté trois malfaiteurs faute de places en prison. Ces trois malfaiteurs ont été interpellés jeudi dernier mais sont repartis libres du commissariat de Dreux. Parmi eux, un jeune homme de 26 ans condamné à trois mois de prison ferme pour violence sur policier et conduite en état d'ivresse. Il n'était pas présent au tribunal lors de sa condamnation, d'où son arrestation. Un autre était également condamné à de la prison ferme pour violence avec arme. Le dernier a été interpellé car il ne s'est pas présenté à son travail d'intérêt général. Selon un commandant de police qui a fait remonter l'affaire à sa hiérarchie, c'est un magistrat du parquet de Chartres qui a ordonné, par téléphone, au policier de permanence de les libérer. Il a écrit un rapport, transmis au tribunal de Chartres, ainsi qu'à sa hiérarchie à Paris.

Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, s'est dit « très surpris de cette décision et très inquiet de ses conséquences ». Une décision qui « va à l'encontre » de la stratégie mise en place avec le ministère de la Justice. D'ailleurs, il a pris son téléphone pour parler au commandant de police qui a révélé l'affaire. Chiristiane Taubira, de son côté, a demandé au parquet général de Versailles d'enquêter : pourquoi et comment le substitut du procureur de permanence ce jour-là a-t-il décidé de relâcher ces trois hommes ?

Gaëlle James du syndicat Synergie Officiers estime pour sa part que les trois malfaiteurs « méritaient la prison ». « Un des individus a été interpellé pour outrage, rébellion et violence sur personne ayant autorité. Un autre a été arrêté pour violences avec armes. La décision de ce magistrat est inadmissible. Encore plus vis à vis des victimes et des policiers », explique la syndicaliste sur RMC.

Mais de son côté, Françoise Martres, magistrate et présidente du Syndicat de la Magistrature, n’est pas du même avis. Elle pense que des aménagements spécifiques peuvent être mis en place. « Ce n’est pas automatique dans la mesure où il y a toujours la possibilité d’aménager les peines. Les prisons sont surpeuplées. Et la France est régulièrement condamnée pour l’état d’indignité de ses prisons. Il y a un moment où trop, c’est trop. Il y a un moment où le peines doivent être efficaces mais quelle est l’efficacité quand vous entassez des gens dans des prisons surpeuplées en plein été ? Je pense que la situation des prisons est réellement explosive ».

Tugdual de Dieuleveult avec Pierre Rigo