Le prix du tabac à rouler augmente

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Par exemple, le paquet de tabac à rouler de 30 grammes d'Amsterdamer blond passe de 4 euros 50 à 4 euros 90.

Par exemple, le paquet de tabac à rouler de 30 grammes d'Amsterdamer blond passe de 4 euros 50 à 4 euros 90.

Aujourd'hui, les prix du tabac à rouler et de certains cigarillos augmentent de 9%. Par exemple, le paquet de tabac à rouler de 30 grammes d'Amsterdamer blond passe de 4 euros 50 à 4 euros 90. C'est le prix industriel, le prix de fabrication du tabac, et non les taxes de l'Etat, qui est rehaussé.

Une avancée sanitaire ?

Gérard Dubois, professeur de santé publique au CHU d'Amiens et président d'honneur de l'alliance contre le tabac, revient sur les différences entre le marché du tabac à rouler et celui des cigarettes, ainsi que sur leur impact sur la santé : « En 2007, le tabac à rouler représentait 11% des ventes de tabac. Représentant 55 des 65 000 tonnes de tabac consommées en France, les cigarettes sont bien sûr largement majoritaires.
Pour les cigarettes, on a des normes, qui sont en fait des rendements en monoxyde de carbone, en nicotine, en goudron. Pour le tabac à rouler, il n'y a pas véritablement de normes. Mais quand on roule des cigarettes avec, et qu'on les met dans des machines pour faire les mêmes mesures, c'est beaucoup plus chargé.
Avec un paquet de 40 grammes, qui coûte actuellement 6 euros, on peut faire environ 50 cigarettes. Or un paquet de 20 cigarettes coûte environ 5 euros 30. Donc il y a un différentiel de prix énorme. Ça fait des années que les associations réclament qu'on taxe le tabac à rouler, les cigares et les cigarillos, comme les cigarettes. Les prix sont scandaleusement bas.

Ce qui est encore plus scandaleux, c'est que c'est l'industrie qui va augmenter ses taxes, alors qu'en augmentant les taxes, c'est l'Etat qui aurait augmenté ses revenus, et on sait que l'Etat recherche de l'argent partout actuellement. L'augmentation des taxes, ici, aurait été à la fois sur le plan sanitaire et sur le plan social, morale.
En 2003, l'Etat s'était engagé à ne pas augmenter les taxes pendant 4 ans. Mais le délai est maintenant passé. Et si on a eu une formidable diminution de la consommation de tabac sur 2003-2004 (-32%), malheureusement sur 2005, 2006 et 2007, on est en plateau. La petite diminution depuis début 2008 est elle liée à l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Si on veut refaire un pas important dans la diminution de consommation de tabac - ce qui est une nécessité, il faut recommencer à augmenter les prix de TOUS les tabacs, y compris les cigarettes, mais surtout le tabac à rouler.
 »

Buralistes en colère

Du côté des buralistes, la colère monte. Ils mettent sur le dos des nombreuses et successives hausses des prix des tabacs, la fermeture de 5 000 points de vente. Pour Pascal Montredon, Secrétaire général de la Confédération des buralistes de France, cette nouvelle augmentation qui touche le tabac à rouler est une « très mauvaise nouvelle : ça tombe très mal, en pleine période de congés pour certains d'entre nous, ou de pleine activité commerciale pour d'autres. Et c'est surtout un appel d'air pour les ventes transfrontalières et les contrebandes. Décider une augmentation en plein mois d'août, c'est la porte ouverte pour tous nos clients à aller se servir dans tous les pays européens où le tabac est moins cher. »

Pour justifier cette nouvelle augmentation, le gouvernement explique que le tabac à rouler est aussi très nocif et que l'augmentation de son prix va dissuader quelques fumeurs. Pascal Montredon ne partage pas vraiment cet avis : « Même s'il y a une légère baisse de la consommation en France, il y a surtout une augmentation très importante des achats transfrontaliers et de la contrebande. Jusqu'à présent, il y avait des achats dans les pays européens limitrophes. Maintenant, on s'aperçoit qu'il y a de plus en plus d'achats qui arrivent des pays de l'est. Et, un nouveau phénomène : il y a de plus en plus de tabac de contrefaçon vendu devant les lycées et les collèges, où les gens ne savent pas du tout ce qu'ils fument. »

La rédaction, avec Laurent Damiron