Le vin cancérigène ? « C'est faux ! »

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Boire du vin, même modérément, favoriserait le cancer. C'est ce qu'affirme une étude de l'Institut national du cancer. Une thèse que réfutent d'autres scientifiques, rejoints par les vignerons, en colère.



En décortiquant l'étude de l'Institut national du cancer (INCA) sur la nocivité du vin à faible consommation, des professeurs en médecine, spécialistes des maladies cardio-vasculaires et du cancer, ont fait des bonds sur leurs chaises. « Cette étude est, scientifiquement, complètement malhonnête », disent-ils en cœur. Et l'un d'eux, Charles Janbon, professeur honoraire à la faculté de médecine de Montpellier dans l'Hérault, explique : « On mélange tous les cancers - utérus, poumon, peau... - et toutes les études, dont on tire une information un peu lissée, gommée. En plus, cette étude ne tient absolument pas compte d'autres études faites sur le sujet et qui montrent qu'il y a une diminution du risque du cancer du sein lors de la consommation modérée de vin notamment. »

Les viticulteurs crient à la « manipulation »

Dénonçant un « acharnement » et bien décidée à ne pas se laisser faire, la filière viticole, lance quelques questions : pourquoi le rapport de l'INCA, daté de novembre 2007, ressort-il maintenant ? A qui cela profite-t-il à quelques jours du débat sur la loi « Hôpital, Patient, Santé, Territoire » ? Et les viticulteurs d'ajouter que certaines personnes au Ministère de la Santé auraient tout intérêt à booster ce projet de loi, très défavorable aux viticulteurs, mais aussi très contesté. Le projet sera en effet examiné lundi 1er mars par des députés qui, aujourd'hui, ne doivent plus savoir quelle étude croire...
Les vignerons pourraient même porter plainte contre l'INCA. Très remonté, Jean-Charles Tastavy, président des vignerons indépendants de l'Hérault, s'explique : « Personnellement, je suis en train de travailler sur la faisabilité d'une action en justice. C'est pas possible de laisser de telles inexactitudes se répandre, avec les conséquences et préjudices commerciaux que cela aurait. A mon avis, il y a eu manipulation malhonnête. Quand on aura trouvé qui en est responsable, il faudra qu'il réponde. »

La rédaction, avec Laurent Damiron