J'ai été attiré par un homme et je n'ai pas franchi le pas

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Vincent n'a pas cédé, dans sa jeunesse, au désir qui lui inspirait un ami.

Vincent : A dix-huit ans, j'avais de l'attirance physique pour un homme, qui était mon meilleur ami, à tel point que j'en étais vraiment mal dans ma peau. Je n'osais pas lui dire, donc j'en ai parlé à mon frère aîné qui a bien pris les choses et m'a conseillé de bien réfléchir. Je me suis posé beaucoup de questions et je n'ai jamais franchi le pas. Depuis, je suis rangé, marié, j'ai une fille.

Brigitte Lahaie : Il ne faut pas réagir de manière trop opérationnelle par rapport à des attirances. Je crois que l'attirance que vous aviez à dix-huit ans pour un autre vous-même, en quelque sorte, c'était peut-être aussi une difficulté à affronter la gent féminine.

Ce moment de votre vie qui a été troublant et important, il ne faut pas le balayer comme si c'était sans importance. Je crois que ce qui est grave, c'est qu'on ne peut pas dire à quelqu'un de réfléchir à ce qu'il va faire s'il a une attirance. Je crois que quand il y a une attirance, il faut l'entendre. Au fond, à dix-huit ans, si vous aviez un peu flirté avec cet ami, peut-être que ça vous aurait permis de mieux savoir qui vous étiez. Peut-être qu'à cette époque de votre vie, vous étiez encore dans un besoin de père et de repères, et qu'au fond, pour vous, c'était plus une attirance de l'ordre de l'identification masculine que de l'orientation sexuelle. Parfois, pour se construire en tant qu'homme, on a besoin de se retrouver entre hommes.