RMC

Derrière la carte postale, des jeunes Français à la découverte de Rio: "Ils voient que c'est la misère sociale, la pollution"

A Rio, une soixantaine de jeunes Français sont allés à la rencontre d'orphelins.

A Rio, une soixantaine de jeunes Français sont allés à la rencontre d'orphelins. - Yasuyoshi Chiba - AFP

REPORTAGE - Un groupe de jeunes de Mitry-Mory en Seine-et-Marne est parti à Rio dans le cadre d'un projet sportif et social. Ils vivent au plus près le rêve olympique mais découvrent également l'envers du décors de rêve à Rio, au contact des plus vulnérables.

Ces jeunes de Mitry-Mory sont partis à Rio pour une sorte de colonie un peu spéciale. Depuis un an et demi, cette soixantaine de jeunes, souvent issus de quartiers difficiles de la banlieue parisienne préparent ce voyage. Un voyage au bout du monde au coeur des Jeux Olympiques.

"Honnêtement, c'est incroyable parce qu'on aura qu'une chance d'y aller, expliquent Hugo et Baptiste. Le judo c'était incroyable, les Brésiliens mettaient l'ambiance. C'est magnifique, je ne pensais jamais voir les Jeux Olympiques, je ne m'attendais jamais à voir ça en vrai."

Pour tous ces jeunes, c'est "un rêve qui devient réalité" et dans lequel ils se sont impliqués, explique Tahar, l'un des éducateurs. "Participer à ce genre d'événements, c'est pas donné à tout le monde. C'est un coût et ils ont tout fait pour pouvoir vivre ça, on leur a donné les moyens de vivre ça également, en tapant à la porte de tout le monde", détaille-t-il. Au plus près du rêve olympique, Louna manque de mots. "On ne peut pas l'expliquer tellement c'est beau. Il y a tout le monde qui crie de joie, il y en a même qui pleurent de joie et ça c'est trop beau. Du coup ça fait pleurer tout le monde", raconte la jeune fille. 

A la rencontre des orphelins

Mais ce voyage au Brésil revêt aussi un aspect social. Logés dans un orphelinat dans le quartier de Flamengo, les jeunes de Mitry-Mory ne sont pas venus les mains vides.

"On va voir les favelas, par exemple on a fait un sac solidaire chacun. J'ai emmené des fournitures scolaires, des vêtements, des couches. La rencontre avec les petits orphelins, ça devient nos amis, c'est trop mignon", poursuit Louna. 

Une salle de cet orphelinat est effectivement remplie de vêtements, de jouets, de produits médicaux et d'affaires de sports. Autant de dons que les enfants ont récolté tout au long de ces 18 mois de préparation. Ida, leur traductrice est impressionnée. "C'était quelque chose qu'ils ont réfléchi, ils nous ont contactés. C'est vraiment magnifique pour ceux qui vont recevoir et magnifique pour ceux qui ont préparé. Ce n'est pas acheté dans un magasin, il y a d'autres valeurs. Les Brésiliens ici à l'orphelinat vivent un rêve aussi", remarque Ida. 

"Eveiller les consciences" des jeunes

A l'initiative de ce projet, Rachid Jouhadi, président de l'association Sportavie qui a tenu à faire vivre à ces adolescents une expérience hors du quotidien. "Au départ, notre cible c'est les gamins des quartiers difficiles, des gamins qui ne pourront peut-être jamais aller à Rio dans leur vie", explique-t-il. Si les J.O sont évidemment importants pour les jeunes, c'est surtout l'autre facette du projet qui lui tient à coeur et qu'il rappelle tous les jours aux enfants.

"Vous n'êtes pas à Rio la fleur au fusil, vous voyez la réalité des choses. Il y a un certain nombre de préjugés qui sont balayés en étant à Rio. On interrogeait les enfants, pour eux Rio c'est quoi? C'est les plages, les femmes en bikini. Ils découvrent que ce n'est pas ça, ils découvrent que c'est la misère sociale, que c'est la pollution. Donc l'idée à travers nos projets, c'est d'éveiller les consciences de ces gamins, ce ne sont pas les plus malheureux", poursuit-il. 

Et pour éveiller leurs regardes, chacun d'entre eux joue également les reporters, caméra à la main, pour ensuite témoigner de ce qu'ils ont vécu et de ce qu'ils ont appris. 

C. B avec notre envoyé spécial Thomas Chupin