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A Paris, on ne mange pas à l'heure des poules: la colère du président de l'UMIH Paris-IDF, qui dénonce une fermeture déguisée

Franck Delvau ne comprend pas le couvre-feu qui va directement concerner restaurateurs, et hôteliers. Il craint un fort impact sur l'économie du secteur.

C’était attendu, Paris, l’Île-de-France et huit autres grandes métropoles vont devoir apprendre à vivre avec un couvre-feu. Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé la mesure lors d’une interview télévisée. 

Ce couvre-feu sera applicable à partir de samedi à minuit, tous les soirs de 21h à 6h du matin, et pour au moins quatre semaines.

Un couvre-feu qui concerne donc directement les restaurateurs. Déjà fortement touché par la crise sanitaire qui touche la France depuis le début de l’année, il redoute cette nouvelle période alors qu’ils devraient être obligés de fermer leurs portes à partir de 21 heures donc. 

“C’est une fermeture déguisée. J’ai deux sentiments ce matin. Le président a cité plusieurs fois mercredi soir le professionnalisme des restaurateurs par rapport au protocole sanitaire, on a enfin été entendu de ce point de vue là, parce qu’on était stigmatisé depuis bien longtemps. Mais à côté de ça, on nous annonce qu’on va fermer à 21 heures. On trouve ça complètement injuste. On ne peut pas nous dire ‘oui, vous respectez le protocole sanitaire’ et puis d’un autre côté, on nous dit ‘non, on vous ferme quand même à 21 heures’. À Paris, on ne mange pas à l’heure des poules”, dénonce Franck Delvau, président de l’UMIH Paris-IDF. 

Quelles mesures de soutien?

Si le président de la République a affirmé que des “dispositifs de soutien supplémentaires" seraient mis en place pour les secteurs économiques affectés, Franck Delvau attend de voir ce qui va être annoncé. Il estime que pour l’instant les mesures sont “insuffisantes”. 

“Que le président de la République face en sorte qu’il n’y ait aucune fermeture, zéro dépôts de bilan d’hôtels ou de restaurants. On ne veut pas de seuils dans le revenu de solidarité. On nous parle de chômage partiel, c’est très bien pour nos équipes, mais ce n’est pas ça qui fait vivre le restaurant, l’hôtel ou la brasserie. On veut un moratoire sur les loyers. Dans les grandes agglomérations, c’est une partie importante des charges. Donc qu’en est-il des loyers? On attend toujours une réponse du gouvernement. Quand est-il des pertes d’exploitations? Bruno Le Maire en avait parlé au mois de mai, depuis plus rien”, détaille-t-il. 

Il redoute cette nouvelle période qui durera au moins quatre semaines et qui pourrait même s’étendre à huit et met en garde le gouvernement sur le risque élevé de fermetures qui plane dessus de nombreux professionnels du secteur. 

“Si rien n’est fait, on aura 30% de dépôts de bilan dans notre profession. On a déjà perdu sur Paris et l’Île-de-France plus de 100.000 emplois depuis le début de l’année”, assure-t-il.

Guillaume Descours