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Aides à la rénovation énergétique: ce qui va changer

A partir de l’an prochain, le gouvernement veut transformer l'aide à la rénovation énergétique des bâtiments pour la rendre plus simple, plus efficace et plus favorable aux revenus modestes. Qu’est ce que ça va changer concrètement?

On passe d’un crédit d’impôt à une prime. Une aide directe qui récompense les travaux les plus efficaces, c’est à dire qui permettent de faire le plus d’économies d’énergie. La prime sera directement versée au moment des travaux, et non plus un an après comme c’est le cas aujourd’hui. Un coup de pouce pour les classes moyennes et modestes qui ne peuvent souvent pas se permettre d’avancer le coût de la rénovation.

L'objectif du gouvernement est d’arriver à rénover 500.000 logements par an. Pour réduire la consommation d'énergie de 20 % en 2030 par rapport à 2012.

Va-t-on enfin y voir plus clair ?

Pas sûr. La mise en place de cette prime s’annonce déjà complexe, puisqu’elle se déroulera en 2 étapes. 

Etape 1: dès 2020, la prime sera versée par l’agence nationale de l’habitat aux ménages modestes et très modestes, soit 40% des Français les moins aisés, qui gagnent entre 14 800 euros et 20 500 euros par an pour une personne seule selon qu’elle réside en Ile de France ou dans une autre région. 

Etape 2: cela concerne les ménages aux revenus dits intermédiaires. Dans leur cas, le CITE sera maintenu l’an prochain, et sera remplacé par la prime en 2021.

Les plus aisés disent en revanche adieu à leurs aides

A partir de l’an prochain, les 20% de Français les plus riches ne recevront plus rien. Alors qu’ils sont les principaux bénéficiaires du CITE. Ils captent la moitié de l’enveloppe, soit près d’un milliard d’euros. Les professionnels craignent que ces ménages se détournent des travaux de rénovation énergétique au profit d’autres travaux, puisqu’ils n’auront plus l’appât de l’aide.

Pour les associations de consommateurs, le dispositif devient même plus injuste car parmi les ménages modestes, seuls les propriétaires vont entamer des travaux, soit la moitié des Français. Des locataires ne vont pas refaire un logement qui ne leur appartient pas.

Quels travaux seront couverts par la nouvelle prime ?

Les travaux les plus efficaces et non les plus chers comme c’est le cas aujourd’hui. En gros, moins ils seront énergivores, mieux ils seront remboursés. La prime devrait être comprise entre 200 et 11.000 euros selon les revenus du foyer et la teneur des travaux.

Par exemple, si vous voulez passer au double vitrage, vous pourrez toucher entre 15 et 40 euros par mètre carré. Si vous êtes un ménage modeste, vous pourrez recevoir une aide de 120 euros par mètre carré pour isoler vos murs par l’extérieur.

Certains travaux sortent du dispositif, comme l’isolation des combles, ou les chaudières à gaz pour les revenus intermédiaires.

Anaïs Bouitcha (avec James Abbott)