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Après le rachat de 8 magasins Dia, le repreneur ne répond plus: "Je suis sans salaire depuis le 31 mai"

Après le rachat de plusieurs magasins Dia, les salariés n'ont plus de nouvelles de leur repreneur.

Après le rachat de plusieurs magasins Dia, les salariés n'ont plus de nouvelles de leur repreneur. - Damien Meyer - AFP

TÉMOIGNAGES - 47 salariés de 8 magasins Dia du Nord et de la région parisienne ne perçoivent plus de salaire depuis plusieurs mois. En mai dernier ces supermarchés avaient été vendus par Carrefour au groupe Gastt qui aujourd'hui ne donne plus de nouvelles.

Corinne était employée de caisse. En mai dernier, lorsque le groupe polonais Gastt rachète le magasin Dia d'Avesne-sur-Helpe, cela ressemble plutôt à une très bonne nouvelle.

"On a eu un rendez-vous un jeudi matin je me souviens. On nous en amis plein les yeux, un projet d'enfer. Ils nous ont expliqué le concept, chacun des salariés aurait des responsabilités. Même l'intérieur du magasin c'était le rêve", se souvient-elle. 

En tout huit magasins Dia, qui appartenaient alors à Carrefour sont concernés. Officiellement il s'agit simplement d'effectuer un changement d'enseigne avec une série de travaux dans les locaux. Mais depuis le milieu de l'été leur repreneur ne donne plus de nouvelles et serait insolvable. "On tombe très vite de haut, on nous menait en bateau. Je suis sans salaire depuis le 31 mai", poursuit Corinne. Comme elle, Laure qui était adjointe d'un magasin Dia est sans ressources.

"On n'a même plus un euro pour acheter une baguette, pour mettre de l'essence. Ma fille vient d'avoir 13 ans cette semaine donc je n'ai même pas pu lui acheter un cadeau. On n'a plus de mutuelle non plus. Pour ma fille, je dois 410 euros d'orthodontie mais vu que je n'ai pas de mutuelle pour me faire rembourser et que je suis à mon maximum de découvert, je ne peux pas les payer non plus", déplore cette mère de famille.

"Tous les jours on va voir nos comptes"

Interrogé par 20minutes, Adam Kuzmicz, le dirigeant de la société Gasst justifie les retards de paiement par des questions administratives. "Les fonds sont bloqués chez le notaire. J'ai tout fait pour les débloquer mais le notaire était en vacances... Vous savez, la France l'été, c'est compliqué", s'explique-t-il. 

Dans l'urgence, des bons d'achat ont été offerts aux salariés par le syndicat Force Ouvrière. Une aide bienvenue pour les salariés qui doivent souvent compter sur la solidarité familiale pour réussir à joindre les deux bouts.

"Mon mari et la famille nous aident pour la nourriture, explique Marie. Mais je suis aussi à un âge où mes parents sont retraités, ils n'ont pas non plus beaucoup d'argent. Donc ça devient très très juste. Tous les jours on va voir nos comptes."

Face à cette situation, le syndicat Force Ouvrière s'interroge sur la vente. Nathalie Lerouge, déléguée du syndicat soupçonne le groupe Carrefour de n'avoir pas été suffisamment vigilant quant à l'acheteur des huit magasins et dénonce "la légèreté de la finalité de la vente".

Les salariés avaient eux confiance en cette reprise. "On pensait que nos salariés allaient être bien et puis il n'y a rien du tout. On est devant une situation catastrophique", constate-t-elle. Force Ouvrière a lancé une action en justice contre le groupe Gastt, une procédure qui pourrait durer plusieurs mois. 

C. B avec Lionel Top