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Attentat à Istanbul : "C'est trop éprouvant pour nous d'être face à cet individu qui a détruit nos vies"

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Alors que s'ouvre ce lundi en Turquie, le procès sous haute sécurité de l'auteur présumé de l'attentat survenu l'année dernière contre une discothèque de la Reina, à Istanbul, Nesrine tente, depuis la France, de faire le deuil de sa sœur et de son beau-frère, qui ont perdu la vie lors de ce tragique événement.

Moins d'un an après l'attentat contre une discothèque de la Reina, à Istanbul, 57 accusés sont jugés à partir d'aujourd'hui et ce, jusqu'au 16 décembre. Parmi eux, l'auteur de cette attaque qui a fait 39 morts la nuit du jour de l'An.

Les 57 accusés risquent la prison à vie

Ce soir-là, le terroriste âgé de 34 ans, d'origine Ouzbeck, a ouvert le feu à l'aveugle dans la discothèque bondée avant de prendre la fuite. Il a été arrêté 15 jours plus tard avec son épouse. À ses côtés, dans le box des accusés, son épouse, mais aussi des hommes soupçonnés d'avoir fourni à l'auteur de l'attaque un soutien logistique et financier. Les 57 accusés risquent la prison à vie.

Face aux menaces qui pèsent sur ce procès, les autorités turques ont décidé de délocaliser l'audience dans une ville côtière à une soixantaine de kilomètres d'Istanbul. Du jamais-vu. Du jamais-vu aussi le nombre de nationalités parmi les familles des victimes : 16 au total dont Senda, une franco-tunisienne de 32 ans, tuée avec son mari.

"Rien que d'imaginer son visage, c'est insupportable"

Ce procès en Turquie, Nesrine, la sœur de Senda, va le suivre depuis la France. "C'est trop éprouvant pour nous d'être face à cet individu qui a détruit nos vies. Rien que d'imaginer son visage, c'est insupportable".

Le couple, a laissé derrière lui, une petite fille de 15 mois. "Elle ressemble à ses parents. Elle aime rire, elle aime danser, elle aime jouer". L'état français doit accorder le statut de pupille de la nation à la petite fille. C'est pour elle, que sa tante attend beaucoup de ce procès. "Nous comptons lui dire ce qu'il s'est passé, pour qu'elle sache. C'est important. Comment ça a pu arriver, comment ça s'est passé, où était la sécurité, par qui ça a été commandité et surtout pourquoi".

Autant de questions, auxquelles le procès devra répondre. Le principal accusé risque la prison à vie en Turquie. En garde à vue, il a reconnu avoir agi au nom de l'Etat Islamique après avoir reçu des ordres venus d'un homme, membre de l'organisation terroriste installé à Raqqa.

Caroline Petit avec Céline Martelet