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Avec la loi Alimentation, quelles conséquences pour le revenu des agriculteurs?

Avec l'entrée en vigueur de la loi Alimentation et le relèvement du seuil de revente à perte, les agriculteurs devraient mieux êtres indemnisés à condition que la grande distribution joue le jeu.

Des centaines de produits alimentaires vont augmenter ce vendredi dans les supermarchés. Parmi eux le coca, le chocolat, ou encore les chocapics. Une conséquence de l’entrée en vigueur de la loi Alimentation

Celle-ci a pour objectif de mieux indemniser les agriculteurs. En effet, le seuil de revente à perte est relevé de 10% et les bénéfices sont sensés être reversé aux agriculteurs. Une question perdure cependant: la grande distribution jouera-t-elle le jeu? Si certains agriculteurs veulent y croire, d’autres se montrent bien plus sceptique. C’est notamment le cas de Ludovic Roucin, président des jeunes agriculteurs du Maine-et-Loire.

"Il faut que tout le monde joue le jeu c’est-à-dire que la grande distribution doit rééquilibrer ses marges entre les différents produits et il faut que l’industrie agro-alimentaire joue aussi le jeu pour un retour aux producteurs. Ce ne sont pas des anges gardiens, on sait que la marge qu’ils vont être obligés de faire sur les produits d’appels, ils ne vont pas nous la reverser directement", explique-t-il, précisant qu’il "faudra rester vigilant". 

Le problème de la concurrence ? 

Mais selon Laurent Pinatel, porte-parole de la confédération paysanne la grande distribution ne reversera pas les bénéfices.

"La dernière fois, j’étais aux vœux de Didier Guillaume, j’ai rencontré quelqu’un de la grande distribution, je lui ai demandé comment ils allaient reverser ces 10% supplémentaires aux producteurs. Il m’a dit ‘mais non, nous avec la guerre des prix qu’on se livre avec Leclerc, on va être obligé de la garder'. Voilà la messe est dite", affirme-t-il. 

Certains producteurs gardent tout de même espoir. Ils espèrent notamment que cette redistribution permettra de se payer mieux. "Je me rémunère l’équivalent d’un SMIC pour 70 heures de travail par semaine. On mérite mieux. L’année dernière, on a été payé en moyenne 34 centimes du litre de lait. Ce que j’aimerais, c’est que demain, on soit payé 36 centimes du litre pour pouvoir commencer à se rémunérer", affirme Anthony Ménard, éleveur près d’Angers. 

Un premier bilan sera dressé le 7 ou 8 février prochain avec Didier Guillaume, le ministre de l'Économie, Bruno le Maire, les représentants de la distribution, de l’agro-alimentaire, et les producteurs.

Anaïs Denet avec Guillaume Descours