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"C’est le coup de massue": privée de gaz, cette boulangerie d'Alès est menacée de fermeture

"RMC S'ENGAGE POUR VOUS" - Les patrons d'une boulangerie ont perdu énormément de leur chiffre d'affaires. Depuis quelques mois le commerce est en redressement judiciaire mais commence à aller beaucoup mieux. Cependant, la situation se dégrade car Engie a décidé de couper le gaz. Quelles en sont les raisons?  Quid des prix du gaz?

Patrick et Nadine Auburtin, patrons d'une boulangerie à Alès. Ils fournissent les écoles, les restaurants, les bars, les associations. Et évidemment avec les confinements, ils ont perdu énormément de chiffre d'affaires. 

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Depuis quelques mois, la boulangerie était en redressement judiciaire. Mais elle commence à aller beaucoup mieux. Sauf que tout va s'arrêter à la fin de la semaine parce qu'Engie a décidé de couper le gaz.

“Tout était à jour au niveau des paiements, mais au moment où on s’est mis en redressement, nous avons reçu une charmante lettre en nous disant qu’il ne voulait plus nous servir alors qu’à l’heure actuelle, tout est payé. Nous ne leur devons rien.
Quand vous êtes depuis 40 ans dans une boite comme ça, vous comprenez que ça nous touche profondément. Si c’était notre faute, on comprendrait, mais ce n’est pas notre faute, c’est le contre-coup du Covid. Quand il vous reste 48h, pour savoir s’il vendredi, il faudra dire à vos employés qu’ils seront au chômage, c’est inadmissible".

C'est une entreprise qui pourrait donc s'en sortir, qui n'a pas d'impayés, mais qui risque de mettre la clé sous la porte parce qu'Engie a "peur" d'avoir des impayés.

"C'est un appel au secours"

Selon le médiateur de l'Énergie, Engie est dans son droit. Les fournisseurs peuvent arrêter un contrat même s'il n'y a pas d'impayés. Ils doivent simplement envoyer un courrier recommandé trois mois avant la date anniversaire. 

Un particulier comme un professionnel peut donc se retrouver sans gaz. Sauf que sans gaz, pas de four, pas de pain, plus rien n'est possible: Sarah, la fille de Patrick et Nadine, qui travaille avec eux depuis 12 ans craint le pire.

“S’ils nous coupent le gaz, l’entreprise est en liquidation et on ferme. Donc ça ferait sept personnes au chômage. On a travaillé tout l’été d’arrache-pied pour faire en sorte que ça remonte, là les commandes reviennent et c’est le coup de massue derrière. Là, c’est un appel au secours parce qu’on ne sait plus quoi faire”, indique-t-elle.

Selon le mandataire en charge du redressement, la boulangerie était tout à fait "sauvable", lui aussi est très choqué. 

Le fournisseur Engie, que nous avons contacté, n'a pas été capable de préciser si, pour l'instant, une solution allait être trouvée. Contacté, le ministère des PME s'est dit "très surpris" de ces méthodes et qui va "voir comment aider l'entreprise".

Marie Dupin et Anne-Lyvia Tollinchi avec Guillaume Descours