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"C'est très inquiétant pour nous": l'angoisse des vignerons français face à la menace de sanctions américaines

Alors que les Etats-Unis ont annoncé ce mercredi vouloir taxer divers produits français à hauteur de 25%, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a affirmé dans la matinale de RMC ce jeudi, prévoir "des mesures de rétorsion" en concertation avec l'UE.

C’est un revers infligé à Emmanuel Macron. Les vins français devraient finalement être taxés aux Etats-Unis. Une augmentation de 25% à partir du 18 octobre.

Revers pour le président français car il s’était personnellement impliqué sur la question. À l’issue du G7 à Biarritz, il avait affirmé que la menace d'une taxe n'était plus d'actualité.

Mais si les Etats-Unis ont décidé d'imposer de nouveaux droits de douane, 10% de plus sur les avions et 25% sur les vins français, les fromages, le café et les olives, la porte reste tout de même ouverte à de nouvelles négociations.

"On ne peut pas imaginer que la consommation finale ne soit pas impactée"

Les vignerons espèrent donc que ces négociations joueront en leur faveur, très inquiets de l’impact de cette hausse sur les exportations, comme l’explique Jean Marie Fabre, président de la fédération régionale des vignerons indépendants en région Occitanie.

"On ne peut pas imaginer que la consommation finale ne soit pas impactée. C’est forcément pour nous très inquiétant de voir des taxes augmenter dans le pays qui est aujourd’hui le premier pays en valeur dans la commercialisation. C’est 17% de la valeur d’exportation française et 1,5 milliards d’euros. On peut imaginer qu’une taxation supplémentaire laisserait des parts de marché plus importantes à nos autres concurrents comme l’Australie ou l’Argentine".

"Evidemment nous prévoirons des mesures de rétorsion" contre les Etats-Unis, en concertation avec l'Union européenne, si Washington applique courant octobre les sanctions contre des produits européens annoncées mercredi, a indiqué ce jeudi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, invitée de la matinale de Jean-Jacques Bourdin sur RMC.

"S'ils ne sont pas dans une attitude d'apaisement, l'Europe ne se laissera pas faire"

Interrogée sur ce que pourraient être les mesures de rétorsion, elle a remarqué qu'"à ce stade on est dans une menace des Américains" et "pas dans la réalisation" de ces menaces, et a refusé de s'avancer sur la forme qu'elles pourraient prendre.

"Nous avons toujours dit aux Etats-Unis, depuis plusieurs mois, que nous considérions qu'il vaut mieux trouver des solutions amiables plutôt que s'engager dans des conflits commerciaux", a insisté Mme Ndiaye.

Elle a plaidé pour "discuter avant d'en arriver là", en estimant qu'"en 10 jours on peut faire beaucoup de choses". Mais, "s'ils ne sont pas dans une attitude d'apaisement, l'Europe ne se laissera pas faire", a-t-elle mis en garde.

Anne-Sophie Balbir (avec Caroline Petit)