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"C'est une déclaration de guerre": les "Prime Days" d’Amazon irritent les commerçants avant les soldes

Les "Prime Days", soldes avant l’heure organisées par le géant Amazon, suscitent la colère des commerçants français qui dénoncent un manque d’équité entre l’entreprise américaine de vente en ligne et le commerce physique. Sur RMC lundi, le président des Commerçants et artisans des métropoles de France a dénoncé l’inaction du gouvernement.

Une "déclaration de guerre". Les mots forts de Christian Baulme, commerçant à Bordeaux et président des Commerçants et artisans des métropoles de France (CAMF) pour dénoncer les "Prime Days" d’Amazon, des soldes avant l’heure, les 21 et 22 juin.

"Amazon n’a aucun scrupule, comme tous les Américains. Ils sont là pour faire du business, en ne se préoccupant pas de la philosophie sur laquelle il se développe. Mais ils se retrouvent dans un pays où il y a le commerce traditionnel, physique, qui a des contraintes réglementaires dictées par l’Etat", a-t-il déclaré lundi matin sur RMC.

"Ils s’engouffrent dans une faille"

Pourtant, il n’y a rien d’illégal dans la décision d’Amazon.

"Ils s’engouffrent dans une faille. Le gouvernement ne fait rien contre cette déréglementation du marché alors que tout le marché du commerce physique subit des contraintes fiscales et règlementaires", a insisté Christian Baulme, avant de poursuivre: "la faille, c’est que le gouvernement ne fait rien, et ne cherche même pas à créer une équité entre le commerce physique et sur internet".

"Les mêmes règles pour tout le monde" 

Christian Baulme demande "les mêmes règles pour tout le monde" et que "toutes les ventes soient taxées avec la TVA". "Mettons au moins une taxe sur les transports. Ça au moins ce sera efficace visible et contrôlable", réclame-t-il. "On demande à l’Etat d’être dur avec Amazon", résume enfin Christian Baulme.

Un avis partagé par Michel-Edouard Leclerc. Invité de Jean-Jacques Bourdin, le patron des supermarchés a confié "être fasciné par Jeff Bezos... Mais on devrait lui piquer ce qu'il y a de meilleur" avant de glisser, "On n'a pas peur du loup, on va le repousser dans sa forêt":" "Je n'ai rien contre Amazon, mais il ne faut pas de passe-droit" a-t-il dénoncé.

Les commerçants avaient obtenu que les soldes, initialement prévues à partir du 23 juin, soient décalées au 30 juin, pour qu’ils aient plus de temps pour écouler leurs stocks, après une année perturbée par la crise sanitaire et les différentes fermetures imposées. Une décision accueillie avec joie par les commerçants. Mais les "Prime Days" d’Amazon viennent finalement gâcher leur fête.

LL