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"C’est vraiment ce qu’on vit dans nos campagnes": le film Au nom de la terre, miroir du monde rural et succès cinématographique

Le film cartonne dans les cinémas des milieux ruraux et attirent des spectateurs qui ne viennent pas forcément au cinéma habituellement.

C'est le succès surprise de cet automne au cinéma. "Au nom de la terre", avec Guillaume Canet en agriculteur acculé par les dettes, cartonne en salles et surtout dans le monde rural. Mercredi dernier, on dénombrait 1,7 millions d'entrées et, fait rare, Paris ne compte que pour une fraction du total, 108.000 entrées. Car dans les milieux ruraux, le film résonne tout particulièrement avec le mal-être du monde agricole. Un succès qui surprend même son réalisateur, qui a eu du mal à financer son film.

Au cinéma de Montargis, ça fait sept semaines qu’Au nom de la terre est à l’affiche. Régis a pris son billet pour deux raisons.

"D’abord, Guillaume Canet que j’apprécie en tant qu’acteur et en tant que réalisateur. Et puis moi, je travaille dans le milieu rural, avec des agriculteurs. Donc j’étais curieux de voir comment ça a été tourné, est-ce que ça traduit bien ce que je peux vivre au quotidien dans mon travail?", explique-t-il. 

"Ça peut nous arriver"

Le film raconte l’histoire vraie du père du réalisateur, poussé à moderniser la ferme familiale. Un éleveur pris dans une spirale de dettes, qui finira par se suicider. "Il y a encore aujourd’hui des agriculteurs qui perdent la vie par découragement. C’est un phénomène que les gens ont voulu voir", affirme Martine Nicolas, la directrice du cinéma. 

"Les personnes que nous voyons, ce sont des gens qui ne viennent pas forcément régulièrement au cinéma. On est dans une ville où il y a quand même pas mal de ruralité autour. Ce film a eu un engouement et un bouche à oreille assez important", poursuit-elle.

Et à la sortie de la séance, les spectateurs sont encore émus. "C’est très, très fort. Excusez-nous, on sort tout juste du film", confie Mylène et Franck eux-mêmes agriculteurs et très touchés par l’issue tragique du film.

"C’est vraiment ce qu’on vit dans nos campagnes. On se dit que ça peut nous arriver aussi. Les agriculteurs qui n’en peuvent plus, qui sont acculés, il faut que les gens se rendent compte : c’est la vraie vie", indique-t-elle.

Martin Cadoret avec Guillaume Descours