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"Ça a augmenté, ce n’est que le début": alors que les prix explosent, faut-il un chèque fruits et légumes?

En deux ans, les prix des fruits et légumes ont augmenté de 9%. Et ce pourrait n'être qu'un début alors que l'inflation s'aggrave. Une association appelle le gouvernement à mettre en place un chèque dédié pour permettre aux familles de continuer à pouvoir en consommer.

Les prix augmentent encore en ce mois d’octobre. Selon les derniers chiffres du cabinet Nielsen, l'inflation sur un an des produits de grande consommation atteint 9,35% ! L'association de consommateurs Familles rurales appelle à l’instauration d’un chèque fruits et légumes pour les parents puisque les ménages ne peuvent pas toujours se permettre de consommer "cinq fruits et légumes" par jour tel que le suggère le Programme National Nutrition Santé. En effet, les prix des fruits et légumes ont bondi de 9 % en 2 ans.

"On n’est pas pour les chèques alimentation mais aujourd’hui c’est la seule manière pour que certaines familles continuent de s’alimenter", défend sur BFMTV Nadia Ziane, directrice consommation de l’association "Familles rurales".

"Pourquoi la variable d’ajustement ça doit être la bouffe?" peste sur le plateau des "Grandes Gueules" l’éleveur de bovins Didier Giraud. "Réfléchissez différemment, la bouffe ne doit pas être la seule variable d’ajustement, c'est devenu une norme étatique", croit-il savoir.

"Le système de la grande surface est en train de s’écrouler"

Pourtant il y a urgence à agir. Car le prix des fruits et légumes pourrait encore augmenter. "Ça a augmenté, c’est énorme et ce n’est que le début", explique sur RMC et RMC Story David, responsable fruits et légumes en supermarché et gère tout, des achats jusqu'à la mise en rayon en passant par les prix : "Je suis pour le chèque mais ce n’est qu’un pansement sur une jambe de bois".

"Aujourd'hui, les magasins ils font leurs résultats sur les produits frais. Nous on nous demande des marges conséquentes mais c’est tellement cher à l’achat que c’est hyper difficile de gérer cette équation de marges. On nous demande 22 à 25% de marge, du coup c’est très cher et c'est difficile pour tout le monde", alerte-t-il.

Pour écouler le surplus, le supermarché de David donne à des associations "dans la mesure du possible" mais jette également beaucoup. "C'est le montage entier des grandes surfaces depuis 40 ans dans ce pays, zéro marge sur le liquide et on se sert sur le frais. Cela veut dire qu'ils serrent la gueule des paysans pour que dans le frais on n'achète pas cher et on se fasse de la marge", déplore l'agriculteur Didier Giraud.

"Mais quand le frais augmente en raison de la pénurie, le système de la grande surface est en train de s’écrouler", ajoute l'éleveur de bovins.

G.D.