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Carrefour condamnée à 50.000 euros d'amende après le suicide d'une salariée

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Une salariée de Carrefour s'était suicidée le 3 avril 2017. Elle travaillait depuis 27 ans pour l'enseigne. L'entreprise a été condamnée à 50.000 euros d'amende pour "homicide involontaire".

La société Carrefour a été condamnée ce lundi à une amende de 50.000 euros pour "homicide involontaire" par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, après le suicide d'une salariée à Thiers en 2017.

L'enseigne a l'obligation d'afficher cette décision dans tous les supermarchés du Puy-de-Dôme pendant un mois. Le tribunal a aussi condamné un manager de caisses à quatre mois de prison avec sursis pour "harcèlement moral" et "homicide involontaire". Le directeur du magasin, également poursuivi, a été relaxé.

La peine est en-deçà des réquisitions du ministère public qui avait réclamé, à l'audience du 27 janvier, une amende de 100.000 euros contre Carrefour et six mois de prison avec sursis contre le manager.

"Ma réaction est mitigée, même s'il y a une condamnation et que la responsabilité de Carrefour est reconnue. Le but, c'était d'avoir une condamnation mais il y a une délinquance en col blanc, qui provoque la mort d'une salariée et est condamnée à 50.000 euros d'amende, une peccadille pour eux", a estimé l'avocate de la famille de la victime, Me Clémence Marcelot.

"L'essentiel est que Carrefour soit condamnée et les parties civiles indemnisées", a déclaré Dominique Holle, représentant de la CGT qui s'était constituée partie civile mais a été déboutée des dommages et intérêts. Lors de l'audience, les avocats de Carrefour et du manager, Me Emmanuel Daoud et Me Bertrand Chautard, avaient plaidé la relaxe.

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Des faits de harcèlement

Le 3 avril 2017, Viviane Monier, 46 ans, avait mis fin à ses jours à Vollore-Ville dans le Puy-de-Dôme. Cette hôtesse d'accueil employée depuis 27 ans au magasin Carrefour de Thiers, avait laissé une lettre mettant en cause son environnement professionnel et le harcèlement moral dont elle disait être victime. Une enquête de l'inspection du travail avait corroboré ces faits de harcèlement et l'entreprise a été condamnée pour "faute inexcusable" par le pôle social du tribunal judiciaire, le 25 novembre.

"Il résulte de l'audition des salariés que l'ambiance générale dans le magasin de Thiers était très mauvaise et ce depuis plusieurs années", avait souligné le jugement.

"L'organisation mise en place par la direction a provoqué des tensions entre collègues", avait ajouté le pôle Social, évoquant "des situations de favoritisme" entre les hôtesses ou au contraire "de représailles" de la part de la direction et du manager contre d'autres employés.

Les compte-rendus de plusieurs réunions du CHSCT (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) avaient fait état de risques psychosociaux.

La rédaction de RMC