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Carrefour: "Les dirigeants ne peuvent pas faire ce genre de choses d'un point de vue éthique et moral"

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La pression du gouvernement mais aussi d'une partie des actionnaires a fini par le faire changer d'avis. L'ancien PDG de Carrefour, Georges Plassat, renonce à son indemnité de départ de près de 4 millions d'euros et prend sa retraite.

Les actionnaires du groupe Carrefour avaient initialement voté ce vendredi l'octroi d'une rémunération de 13,7 millions d'euros, dont 4 millions d'indemnité de départ pour leur ex-PDG, Georges Plassat.

Cet énorme chèque que devait lui attribuer son ancien groupe visait à s'assurer qu'il n'irait pas à la concurrence. Un cas de figure peu probable vu les 69 ans de Georges Plassat et ses problèmes de santé.

L'ancien PDG de Carrefour a donc renoncé à cette indemnité. Au total, il quitte quand même le groupe avec une indemnité de près de 10 millions d'euros.

"Le grand public, les salariés et certains actionnaires ne sont plus prêts à accepter ce genre de chose"

Bruno Le Maire parle d'une somme "choquante" au moment où le groupe Carrefour s'apprête à fermer 243 magasins et supprimer 2.400 postes. Le ministre de l'Economie a demandé au patronat de prendre des "mesures fortes pour renforcer le suivi" de leur code de bonne conduite établi par le MEDEF, leur représentant.

Une avancée pour Sylvain Macé, délégué national CFDT.

"Les choses avancent. C’est-à-dire que même si c’est très lent en terme de prise de conscience je pense que le grand public, les salariés et certains actionnaires ne sont plus prêts à accepter ce genre de choses tout simplement. Ça prend du temps mais plus on travaillera de façon commune, plus on y arrivera donc c’est pas perdu. Mais il y avait une énormité de tout façon avec le télescopage du plan social et cette rémunération. Les dirigeants ne peuvent pas faire ce genre de choses du point de vue éthique et moral".

"Une retraite moyenne à Carrefour c’est à peine l’équivalent du Smic"

Face à cette nouvelle polémique sur les indemnités d'un grand patron, la France Insoumise elle, réclame une loi pour limiter les enveloppes de départ. Pour Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis, ces inégalités sont inadmissibles.

"Il suffit de réglementer tout ça. La loi exprime un intérêt général et pour moi, il y a un trouble à l’ordre public quand il y a de trop fortes inégalités. Pour quelles raisons on devrait avoir 13 millions ou aujourd'hui 10 millions qui partent pour un seul individu alors qu’une retraite moyenne à Carrefour c’est à peine l’équivalent du Smic. Tout ça c’est complètement fou, ça devrait être interdit et non pas se limiter au bon vouloir de tel ou tel. Pour l’instant ça n’avance pas mais la France Insoumise a fait beaucoup de propositions qui, chaque fois, ont été rejetées à l’Assemblée nationale".
Céline Martelet (avec C.P.)