RMC

Confinement: "35% des consommateurs de cannabis ont augmenté leur consommation"

L'enquête vise a comprendre quels ont été les comportements des consommateurs de cannabis qui ont du s'organiser avant et pendant le confinement.

Le confinement a mis à mal l’industrie du cannabis. En effet, avec la fermeture des frontière ainsi que l’obligation de rester chez soi, le marché du cannabis a baissé pendant cette période. Une étude baptisée "CANNAVID : étude sur l’impact du Covid-19 sur les usages, les pratiques et la santé des consommateurs réguliers de cannabis", a été lancée le 16 avril pour comprendre comment les usagers ont fait pendant cette période. 

Selon Perrine Roux, chercheuse en santé publique au laboratoire SESSTIM, le premier résultat de cette étude qui est vraiment intéressant, c’est le nombre de personne qui ont répondu à cette enquête en si peu de temps. “Si on a eu cet engouement, c’est parce que l’étude est portée par une association”, explique-t-elle. En 24 heures, il y avait déjà plus de 1.000 répondants et depuis le 16 avril, l’étude a récolté la participation de 4.100 personnes. Les réponses ont permis de dresser le profil des répondants.

“On a essentiellement des hommes. C’est un profil plutôt jeune avec un âge moyen de 30 ans et plutôt des fumeurs d’herbe, plutôt que de résine”, explique Perrine Roux. Alors quel est l'objectif de cette enquête ?

“On voulait savoir comment les usagers de cannabis avaient réagi avant le confinement. Les résultats montrent qu’il y a une grande quantité de personnes qui ont stocké à l’annonce du confinement. L’enquête montre aussi que 35% des consommateurs ont augmenté leur consommation pendant le confinement, 29% l’ont maintenu, 28% l’ont diminué et 7% l’ont arrêté”, explique-t-elle. 

Une période propice à l'anxiété et l'ennui

Des chiffres qui ne l’étonnent pas vraiment. 

“C’est peut-être quelque chose à laquelle on pouvait s’attendre parce que le confinement a certainement des effets anxiogènes. Et ce n’est pas dans cette période que le sevrage est le plus facile à mener”, affirme la chercheuse.

Certains addictologues ont déjà par de leur crainte de voir consommateurs de cannabis tomber dans d’autres addictions en cette période. “Certains fumeurs risquent de glisser vers ce qui est disponible, l'alcool et les anxiolytiques, qui ont un pouvoir addictogène plus fort", avait expliqué William Lowenstein, addictologue, président de l'association SOS Addictions.

Guillaume Descours