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Dans la filière agricole tout le monde se gave… sauf les paysans

Invité ce lundi de Bourdin Direct, le porte-parole de la Confédération paysanne a appelé à l'instauration d'un droit au revenu pour les paysans, imposé par le gouvernement aux acteurs de l'agro-alimentaire.

Laurent Pinatel, porte-parole de la confédération paysanne, était l'invité de Bourdin Direct ce lundi. Lui-même agriculteur et éleveur à Saint-Genest-Lerpt dans la Loire, il n'hésite pas à évoquer "un plan social dans l'agriculture". Selon un décompte de son syndicat, 92.000 fermes ont disparu entre 2000 et 2015. En 2016, plus de la moitié des agriculteurs ont touché moins de 354 euros par mois. Pour Laurent Pinatel, "il faut imposer un droit au revenu pour les paysans".

"Nous demandons que, dans les contrats entre les paysans et leur transformateur, il y ait des indices d'indexation des prix sur le coût de la main d'œuvre, sur le coût du gasoil, sur le coût des matières premières… de manière à avoir un prix garanti qui corresponde au coût de revient du travail paysan".

"Il faut que les politiques prennent l'ampleur de la crise"

Et Laurent Pinatel de dénoncer: "Dans la filière agricole tout le monde se gave. Le patron de Lactalis fait partie des plus grosses fortunes de France, l'ensemble des groupes agroalimentaires font des bénéfices records, tout comme les banques. Et au milieu de tout ça les paysans crèvent. Il faut une loi pour imposer à ces cannibales de l'agriculture de répartir correctement les marges en prenant en compte les paysans."

A tous les candidats à la présidentielle qui vont se presser au Salon de l'Agriculture, cette semaine, le porte-parole de la Confédération paysanne aimerait poser une question. "On va leur demander combien ils veulent de paysans à la fin de leur mandat présidentiel. Il y a aujourd'hui 450.000 paysans, mais combien y en aura-t-il quand ils seront partis en 2002: 100.000 ou 600.000?" "Il y a une espèce de bulle gouvernementale complètement déconnectée des paysans. Il faut que les politiques prennent l'ampleur de la crise", exhorte Laurent Pinatel.

P. Gril avec JJ. Bourdin