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Deliveroo: "Avec leurs commissions, moi, restaurateur, je ne gagne rien, je ne perds rien, ça ne sert à rien"

Après les livreurs à vélo, des restaurateurs contestent les méthodes de la plateforme de livraison Deliveroo. Plusieurs syndicats de restaurateurs souhaitent un meilleur encadrement des commissions prélevées par les sociétés de livraison sur les commandes.

Les livreurs Deliveroo sont en colère depuis plusieurs semaines et s'apprêtent de nouveau à manifester (dimanche à Lyon, lundi à Paris). Mais, c'est maintenant au tour des restaurateurs de s'indigner contre les plateformes de livraison de repas à domicile.

En cause, les commissions prélevées sur chaque commande: 25 à 30 % chez Deliveroo qui travaille avec 3.000 restaurateurs en France.

Alors certains disent stop comme Charles Pereira, gérant du restaurant American Kitchen: "Je ne gagnais pas d'argent, je n'en perdais pas, ça ne servait à rien en fait". Des marges trop faibles à cause de commissions trop élevées, il ne s'y retrouvait plus: "Je fais beaucoup de burgers. Il y a le bun, la viande qu'on traite nous-même sur place, c'est un produit où 30% de commissions, c'est énorme".

"Depuis que je ne suis plus avec Deliveroo, les gens reviennent"

Une somme pour un service qui n'était pas toujours à la hauteur: "Pour que Deliveroo nous mette en avant sur leur site, il faut bosser exclusivement avec eux, donc je leur ai dit que je ne bossais plus qu'avec eux, mais ils ne nous ont jamais mis en avant. Et depuis que je ne suis plus avec Deliveroo, les gens reviennent".

Chez Jules et Shim on travaille toujours avec Deliveroo. Le prix pour deux bibimbap à la crevette: 24 euros via Deliveroo contre 18,50 sur place. Car pour vendre ses plats coréens, le restaurant, comme tous les autres contactés par RMC, répercute la commission sur ses tarifs de livraison: "On rajoute 30% pour ne pas perdre de l'argent. Parce qu'on vend des bibimbap à 9,50 euros, ce n'est quand même pas très cher, un ticket resto. Et quand on fait appel à un service sur internet, on est prêt à payer plus cher".

Pas d'argent perdu pour le restaurateur, mais au bout de la chaîne, ce sont les clients qui paient l'addition.

Nicolas Traino (avec P.B.)