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"Dupin Quotidien": attention aux faux poulets fermiers

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Tous les jours à 7h20, on parle éco et conso avec Victor Joanin, dans "Bourdin Direct", sur RMC.

La répression anti-fraude vient de rendre publique une enquête sur la viande de volaille... et les autorités ont constaté beaucoup d’arnaques sur l'étiquetage dans les supermarchés.

Les autorités ont mené l'enquête chez des éleveurs, des grossistes, dans des abattoirs et des supermarchés: 89 établissements visités en tout.

Bilan des courses: plus de la moitié sont en faute. La répression des fraudes a distribué 39 avertissements, 7 injonctions et 3 procès-verbaux, notamment pour des manquements sur l’étiquetage.

Tout d'abord, certains professionnels mentent sur la composition de la volaille. Vous pensez acheter des cuisses de poulet, parce que c'est marqué en gros sur l’emballage, mais en réalité, le fabricant a ajouté des morceaux de dos de poulet. Une portion de l'animal beaucoup moins recherchée et donc beaucoup moins cher. 

Deuxième type d’arnaque constaté: les faux poulets fermiers. Les enquêteurs ont mis la main sur un éleveur de poulets standards qui utilisait la mention "poulet fermier" de façon abusive, avec l’illustration d’un poulet qui picorait dans un champ.

D'autres professionnels vendent leur volaille élevée en Espagne avec la mention "origine France". D’autres encore ajoutent de l’eau dans de la viande de dinde pour donner un aspect plus volumineux. Rien de dangereux pour la santé du consommateur mais des pratiques commerciales trompeuses qui persistent. 

Comment s'y répérer? 

Aujourd'hui, en France, une volaille sur quatre est vendue avec un label.

Pour le label rouge "poulet fermier", le cahier des charges est très strict: elevage en plein air, avec 2 mètres-carré de superficie par poulet, alimentation limitée en matière grasse, vivre au moins 3 mois avant d’être abattu. Les poulets bio vivent encore plus confortablement et leur alimentation est bio, logique.

Enfin, il existe des labels géographiques: la fameuse volaille de Bresse et la volaille de Loué, avec grosso modo les mêmes exigences d’élevage que le "Label rouge". Beaucoup moins d’exigences en revanche pour les poulets standards qui grandissent sans voir la lumière du jour, serrés puisqu’ils peuvent vivre jusqu’à 25 spécimens par mètre carré…

Les professionnels essayent donc de monter en gamme pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs, avec deux objectifs pour la filière de production de volailles, qui est principalement basée en Bretagne et dans les Pays de la Loire: augmenter de 50 % la production bio et parvenir à moins d’un poulet sur quatre importé. Actuellement, on est à presque un poulet sur deux importé. 

Bref, plus de qualité pour des Français qui consomment de plus en plus de volaille. Avec 28 kg par an et par habitant, c’est la seule viande dont la consommation augmente depuis les années 1990.

Victor Joanin