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Echec des négociations dans la crise du lait: "Ça peut dégénérer assez vite et ça peut mal finir"

REACTIONS - Les négociations entre les éleveurs et le groupe Lactalis sur le prix du lait ont échoué dans la nuit de jeudi à vendredi, au terme de près de onze heures de pourparlers. Les manifestants, à Laval, ont promis "de poursuivre" le blocus de l'usine du géant laitier, accusé de pratiquer des prix trop faibles.

Le mouvement se poursuit. Alors que les négociations entre les éleveurs et le groupe Lactalis sur le prix du lait ont échoué dans la nuit de jeudi à vendredi, au terme de près de onze heures de pourparlers, les manifestants à Laval ont promis "de poursuivre" le blocus de l'usine du géant laitier, accusé de pratiquer des prix trop faibles. "On ne sortira qu'avec une victoire", a assuré le président de la FDSEA de Mayenne, Philippe Jéhan, quelques minutes après l'annonce de l'échec des discussions.

"On ne bougera pas d'ici, insiste-t-il sur RMC. On reste mobilisé. Les tours de garde sont déjà organisés, on est bouclé jusqu'à lundi soir et s'il faut boucler la semaine d'après, on bouclera la semaine d'après. On ne cédera pas à des clopinettes ! C'est hors de question de céder à Lactalis. Il n'y a pas d'autres alternatives que de rester mobilisé".

"Si on lâche, c'est qu'on accepte de mourir"

A Laval, l'échec des négociations a fait monter d'un cran la tension. "Ça peut vite partir en live, confirme Anthony Potré, jeune éleveur qui vient de s'installer à Laval. Les gens sont à bout. Les petites fermes comme les grosses, les riches comme les moins riches, tout le monde perd de l'argent aujourd'hui. Ça peut donc dégénérer assez vite et ça peut mal finir. Certains appellent à l'affrontement car quand on n'a pas le choix…" "Eux gagnent de l'argent en masse et, nous, on en perd en masse. Ce n'est pas normal, poursuit-il, très remonté. Il y a un moment, il faut que ça s'arrête".

Jérémy Trémeau, président des Jeunes Agriculteurs de la Mayenne, insiste lui aussi sur la marche à suivre: ne rien lâcher. "Il faut que Lactalis sache que nous sommes prêts pour être là jusqu'à lundi et plus si affinités, indique-t-il. On est déterminés. Nous voulons un accord permettant aux éleveurs de sortir de cette crise, de voir au moins une lumière au bout du tunnel". Et de marteler: "Si on lâche, c'est qu'on accepte de mourir. C'est la vie de l'élevage qui en dépend donc on ne délogera pas. On a dit qu'on ne lâchera pas, on ne lâchera pas".

Maxime Ricard avec Anaïs Denet