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Eleveurs en colère: "Je n'ai plus d'autre solution que d'arrêter l'élevage"

En raison de la crise, Daniel Jolly, éleveur bovins, a décidé de changer d'activité

En raison de la crise, Daniel Jolly, éleveur bovins, a décidé de changer d'activité - AFP

Alors que gouvernement doit annoncer ce mercredi un plan d'urgence en faveur des éleveurs et des producteurs de lait à l'issue du Conseil des ministres, RMC a rencontré Daniel Jolly, éleveur bovins à Saint-Just, en Ille-et-Vilaine, depuis 25 ans. Dégoûté par la crise, il n'a pas attendu les mesures du gouvernement et a décidé de tout plaquer.

Les éleveurs en colère bloquaient toujours la rocade de Caen et les accès au Mont-Saint-Michel pour la troisième journée consécutive, ce mercredi matin, et maintenaient de nombreux barrages dans le grand Ouest. Avant d'éventuellement mettre fin à leur mouvement, ils attendent la publication du rapport du médiateur des prix agricoles qui détermine qui, de l'industrie ou de la grande distribution, souvent visée, freine la hausse des prix de la viande et du lait payés aux éleveurs. Ce rapport est dévoilé en même temps que le plan d'urgence gouvernemental à l'issue du Conseil des ministres ce mercredi.

Mais certains éleveurs n'ont pas attendu les mesures du gouvernement et ont décidé d'abandonner. C'est le cas Daniel Jolly, éleveur bovins à Saint-Just, en Ille-et-Vilaine, depuis 25 ans. Dégoûté par la crise, il a décidé de tout plaquer comme il l'explique à RMC: "Aujourd'hui, j'en ai marre, j'en ai ras-le-bol de l'élevage ! On nous mange tout, on ne va plus rien avoir. J'ai donc dit 'C'est terminé, j'arrête'". Et d'ajouter: "On en arrive quasiment à détester nos animaux, c'est peut-être ça le plus grave."

"C'est une page qui se tourne"

C'est donc seulement pour des raisons économiques que Daniel Jolly met un terme à son activité. Une décision mûrement réfléchie mais qui l'écœure quelque peu: "Les vaches, j'ai tiré un trait dessus. Je n'ai plus d'autre solution que de les envoyer à l'abattoir et d'arrêter cette activité où l'on ne récupère même pas les capitaux investis il y a quelques années."

"Il est donc temps d'arrêter avant de ne plus rien avoir. Car demain on n'aura plus rien, insiste-t-il avant d'expliquer ce que sera la suite pour lui. J'arrête complètement l'élevage. Je vais retourner toutes mes terres et les mettre en culture". Il poursuit, dépité: "C'est vraiment une page qui se tourne… C'est assez dur…"

Maxime Ricard avec Marie Régnier