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En France, seuls 2% des pots de yaourts sont recyclés: "Il faut boycotter en masse"

La pollution plastique est l'un des enjeux de ce siècle et va être discutée, cette semaine, lors de négociations de la communauté internationale. En France, par exemple, le yaourt est majoritairement emballé dans des pots en polystyrène. Ce matériau est très polluant et peu recyclé. Pourtant, des alternatives existent.

Cette semaine, la communauté internationale se réunit en Uruguay pour tenter de négocier un traité qui endiguerait la pollution plastique. Des discussions nécessaires car au moins 8,8 millions de tonnes de ces déchets plastiques finissent dans l'océan chaque année. C'est l'équivalent d'un camion poubelle déchargé chaque minute.

Parmi ces nombreux déchets, les pots de yaourts. En France, ils sont majoritairement fabriqués avec du polystyrène. Le problème, c'est que ce matériau est polluant, dangereux pour l'homme et surtout, peu recyclé.

Des consommateurs peu avertis?

Sur les 15 milliards de pots de yaourts consommés en France chaque année, seuls 2 % sont recyclés.

"Si vous demandez à beaucoup de gens, je ne pense pas qu’ils le savent. Encore une fois, ça marche par la sensibilisation. Il faudrait trouver une alternative", explique Jérémy, à la sortie d'un supermarché.

Certains ont déjà trouvé la solution. C'est le cas de Laurent, qui achète des pots en verre, directement chez un producteur. "C’est plus local et plus écoresponsable. Il y a moins de déchets, ça vaut le coup", souligne-t-il.

Pour lui, la seule solution, c'est de ne plus acheter du tout de pots en plastique: "Il faut boycotter en masse, ça a toujours fonctionné. C’est le seul réel levier d’action du consommateur".

"Les industriels s’adapteront toujours au consommateur"

En France, aucun centre de recyclage ne parvient à traiter le polystyrène, qui finit enfoui sous terre, puis dans l'océan.

Alors, cesser totalement les achats de ces pots en plastique, d'autres sont pour. "Ce polystyrène, on n’arrive pas à le repérer sur les chaînes de tri, il faut vraiment tout faire pour l’écarter. Le mot 'boycott' est un peu fort mais je crois que c’est au consommateur de prendre ses responsabilités. Les industriels s’adapteront toujours au consommateur", affirme, de son côté, Jimmy Pahun, député MoDem du Morbihan, très engagé sur la question.

D'autres idées émergent. Comme le retour de la consigne, mais aussi privilégier l'achat de pots plus volumineux, comme c'est le cas au Portugal ou au Royaume-Uni.

AB avec Mathieu Limongi